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Manuel Valls appelle à une « nation éducative » pour lancer la France dans « la course internationale aux qualifications »

« Pour une nation éducative. » C’est le nouveau projet que vient de lancer Manuel Valls depuis l’Université de Cercy-Pontoise (Val-d’Oise). Un projet qui ambitionne de créer de nouvelles jonctions entre l’éducation et la formation tout au long de la vie, mais qui prévoit aussi le développement d’une nouvelle forme d’éducation populaire au travers de « contrats d’éducation » ouverts aux citoyens.

Rédigé par . Publié le 18 novembre 2016. Mis à jour le 11 mars 2019.

Voici un an, quasiment jour pour jour (voir notre article), François Germinet, président de l’Université de Cergy-Pontoise, rendait son rapport au gouvernement relatif au développement de la formation continue dans l’enseignement supérieur.

Depuis, près d’une dizaine d’universités pilotes ont mis en œuvre ses recommandations visant à impliquer plus en avant facultés, IUT et établissements universitaires sur le marché de la formation tout au long de la vie (voir notre article). « L’Université a vocation à être l’un des principaux acteurs de la formation tout au long de la vie. Elle a tous les atouts, tous les talents pour cela. À condition qu’on lui en donne les moyens et que l’on investisse à la hauteur de l’enjeu qu’elle représente », a d’ailleurs indiqué Manuel Valls lors de son déplacement à Cergy le 16 novembre, à l’occasion du premier anniversaire du rapport Germinet.

La « course aux qualifications »

L’occasion, pour le Premier ministre, de poser la première pierre du chantier « Pour une Nation éducative », un vaste programme de rapprochement entre école, université, formation tout au long de la vie et éducation populaire imaginé pour adapter le savoir-faire français aux défis de la mondialisation et des évolutions sociales.

« Les outils technologiques, numériques, les parcours professionnels, les métiers évoluent à toute vitesse. C’est un fait : les jeunes qui entrent aujourd’hui sur le marché du travail changeront, au cours de leur vie, plusieurs fois de profession. On estime que près de 50 % des métiers pourraient disparaître dans les vingt ou trente prochaines années (…). Nos nations vont devoir se lancer dans une course aux qualifications pour peser de tout leur poids dans cette nouvelle donne internationale des savoirs. »

Formation continue et revenu de base

Le chantier cible évidemment l’école, en premier lieu. Manuel Valls a dressé un inventaire des moyens de cette « Nation éducative » : création de 60 000 postes en cinq ans, plateformes permettant aux décrocheurs de revenir dans le système scolaire, etc. Il a souhaité y associer les dispositifs de formation continue nés durant ce quinquennat, à l’image de la garantie jeunes, qui permet à des décrocheurs de suivre des parcours intensifs de formation tout en percevant une allocation mensuelle. Egalement cités, le plan 500 000 formations, toujours en cours, l’instauration du compte personnel d’activité qui entrera en vigueur au 1er janvier 2017, ainsi que le futur revenu universel de base qui, selon lui, permettrait « d’aller plus loin dans cette logique » d’évolution professionnelle et d’adaptation des compétences en permanence.

À quoi s’ajoutent des promesses d’investissements dans les universités. « Au moins un milliard d’euros par an. » « Un milliard pour nos chercheurs, un milliard pour mieux orienter les élèves en amont », calcule Manuel Valls.

Des « contrats d’éducation » pour la société civile

Toutefois, au-delà des seules réponses institutionnelles, le Premier ministre a également émis le souhait d’élargir le prisme de l’Education en y impliquant davantage la société civile — sur le modèle de l’éducation populaire – en créant des « contrats d’éducation » permettant à la société civile (travailleurs, retraités, chômeurs, bénéficiaires de minima sociaux…) de participer à la transmission des connaissances, notamment sur les matières fondamentales comme le français, les mathématiques, les langues étrangères ou les pratiques artistiques.

« Il ne s’agit pas, bien sûr, d’étatiser les bonnes volontés, scléroser ce qui relève avant tout de l’initiative individuelle, mais les pouvoirs publics peuvent jouer un rôle, créer un environnement favorable, mobiliser, canaliser cette envie d’engagement. »

Toutefois, pour construire un tel dispositif – auquel seraient associés Conseils régionaux, collectivités territoriales, élus, partenaires sociaux, associations, entreprises, intellectuels, Pôle emploi, Unedic, etc. –, il faudra du temps. Manuel Valls mise sur « une montée en puissance qui doit se faire sur au moins un quinquennat ».

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