frederic_legrand_-_comeo_shutterstock_inc.jpg

Présidentielles: le Medef veut voir l’entreprise « repositionnée au coeur » de l’apprentissage et de l’enseignement professionnel

Pierre Gattaz a dévoilé le programme « présidentiel » du Medef destiné à inspirer les candidats à la magistrature suprême, lors de sa conférence de presse mensuelle, mardi 14 février.

Rédigé par . Publié le 15 février 2017. Mis à jour le 11 mars 2019.

La sortie des « livres blancs » patronaux pour le prochain quinquennat s’accélère. Après les « 13 propositions » de l’U2P et en attendant celles que la CPME devrait faire connaître début mars, c’était au tour du Medef de publier ses doléances à destination des candidats à l’élection présidentielle de mai prochain. « Ce ne sont ni des mesures de gauche, ni des mesures de droite ! Ce sont des mesures pour l’entreprise et la croissance », a souligné Pierre Gattaz. Lequel refuse de ranger son organisation en ordre de marche derrière un candidat, même s’il juge le programme de François Fillon « pragmatique et détaillé » et avoue rester dans l’attente de celui d’Emmanuel Macron.

« Mais l’entreprise n’est pas encore assez présente dans les programmes des candidats », regrettait-il à l’occasion de la présentation de son programme en 170 pages dont l’application « pourrait faire gagner à la France 2 ou 3 points de croissance par an en cinq ans ».

L’entreprise « repositionnée » au cœur de l’enseignement professionnel

Et pour le Medef, la priorité, c’est la réforme de l’éducation. En novembre dernier, le mouvement patronal avait déjà fait connaître ses « propositions pour rénover l’école et l’apprentissage » et permettre ainsi, d’ici une dizaine d’années, de rendre « 100 % des élèves à la fois citoyens et employables tout au long de leur vie » en renforçant notamment la voie professionnelle, mais aussi en permettant aux entreprises et aux branches professionnelles de s’investir plus en avant dans les programmes scolaires « dès le collège » ou en permettant aux chefs d’établissement d’expérimenter plus librement de nouvelles méthodes pédagogiques.

« L’entreprise doit être repositionnée au cœur du système de l’enseignement professionnel », estime ainsi le Medef qui suggère la création d’une « plateforme de ressources communes » permettant aux organisations professionnelles de disposer d’un recensement des compétences recherchées et permettrait ainsi aux établissements de construire leurs programmes en fonction des besoins des entreprises. Mieux, « les acquis en entreprise devraient représenter 30 % de la notation de la voie professionnelle », indique l’organisation patronale.

77 % des fonds de la taxe d’apprentissage alloués aux Octa

Et cette « valorisation nouvelle » de la voie professionnelle appelée par le Medef s’accompagne d’une réforme de l’apprentissage. Avenue Bosquet, le sujet n’est pas nouveau et l’organisation patronale n’a pas attendu les échéances présidentielles pour demander aux pouvoirs publics un alignement sur le modèle allemand, des conditions de rupture de contrats plus souples pour les entreprises, l’implication accrue des branches professionnelles dans la conception des titres et diplômes accessibles par la voie de l’alternance et un nouveau fléchage de la taxe d’apprentissage qui tienne davantage compte du choix des chefs d’entreprise.

Mais ici, le mouvement patronal propose un nouveau calcul de l’affectation des fonds de la contribution des entreprises à l’apprentissage en renforçant le pouvoir décisionnaire des organismes collecteurs (Octa) : « Actuellement, la majeure partie de la taxe va aux Régions », déplore le Medef, « il est impératif de redonner un pouvoir de décision aux employeurs. Pour cela, il serait pertinent d’allouer 77 % des fonds collectés à l’organisme collecteur (…) qui assurera un financement direct et mutualisé des formations en apprentissage, et de laisser les entreprises verser librement les 33 % restant aux établissements de leur choix. » Dans cette configuration, liberté totale de l’usage de la taxe serait laissée aux entreprises ayant plus de 5 % d’alternants dans leurs effectifs.

« Chacun doit se former et construire sa propre carrière »

Reste le sujet de la formation continue. Si le Medef n’appelle pas à une nouvelle réforme après celle de 2014, il n’en attire pas moins l’attention sur les évolutions des pédagogies formatives et des métiers de demain. « La part du e-learning devrait atteindre les 30 % en 2022 », avertissent ainsi les employeurs qui parient également sur un doublement du temps consacré à la formation continue en 2060. « Le monde du travail et le rapport au travail ont changé. Aujourd’hui, chacun doit savoir s’adapter au marché, se former et construire sa propre carrière. Beaucoup plus vite, beaucoup plus souvent et beaucoup plus qu’avant. »

Centre Inffo vous conseille également