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Transition énergétique: une « culture formation » encore à inventer

COP21 oblige, les questions de transition énergétique occupent une large part du débat public en cette fin d’année 2015. Le 4 décembre, à la Cité des sciences et de l’industrie, le réseau Cler – groupement associatif regroupant quelque 300 acteurs du développement durable – consacrait une journée d’études aux futurs métiers de la croissance verte. Et plus particulièrement aux formations qui y mènent.

Rédigé par . Publié le 08 décembre 2015. Mis à jour le 11 mars 2019.

Difficile, à l’heure actuelle, d’évaluer les besoins exacts en emploi que représentera la transition énergétique dans les 25 à 30 ans à venir. Mais certains chantiers, déjà en cours, permettent d’ores et déjà de s’en faire une idée. Sur la fibre optique, par exemple, ce sont environ 19 000 professionnels dont aura besoin l’économie française à un horizon qualifié de proche. Autant dire que dans ces conditions, les acteurs de la formation ont tout intérêt à s’adapter à la future demande. Mais y sont-ils prêts ? « Beaucoup ne se sentent pas concernés… », avouait Raphaël Claustre, directeur général du Cler en marge du colloque du 4 décembre. La faute à des organismes attentistes, parfois tentés de se contenter d’un peu de saupoudrage vert pour surfer sur l’effet de mode plutôt qu’à développer une offre performante et réellement adaptée aux métiers de demain. « Il existe une tentation du greenwashing, c’est vrai », poursuit le directeur général du réseau associatif, « l’enjeu, ce n’est pas tant de profiter de l’effet de mode que de comprendre que les modules de formation liés à la transition énergétique doivent intégrer un maximum de cursus que ce soit dans le bâtiment, dans l’industrie, dans l’énergie.. Il est nécessaire de développer une véritable culture de l’économie verte dans un maximum de métiers ».

Formations bidons…

Aujourd’hui, ce sont essentiellement les réseaux de formation publics ou para-publics (Afpa, Gréta…) qui se placent en position de leaders sur le marché des formations vertes. Et si l’offre privée commence à intégrer ces problématiques dans ses catalogues, la qualité n’est pas au rendez-vous. « On rencontre des organismes parfaitement bidons, créés uniquement pour profiter de l’effet de mode et des financements qui en découlent », confesse Jean-Louis Pontet, chef du service des partenariats à la direction stratégique du Conseil régional d’Ile-de-France et secrétaire général du Crefop (Comité régional de l’emploi, de la formation et de l’orientation professionnelles) francilien qui a pu constater cette insuffisance qualitative lors des passages d’appels d’offres publics liés aux chantiers du Grand Paris. « La loi sur la transition énergétique a donné un coup d’accélérateur aux politiques de formation sur ces métiers », reconnaît-il, « mais il existe encore des domaines où l’offre de formation ne suit pas. Sur le secteur des canalisations, par exemple, rien n’a été fait depuis vingt ans. Il y a urgence à qualifier les prestataires pour améliorer la qualité de leurs services. »

La qualité de l’offre en appui

Mais alors que les besoins croissent, les financements ne sont pas toujours au rendez-vous. « Les organismes financeurs consacrent leurs fonds aux métiers d’aujourd’hui et pas forcément à ceux de demain », soupire Raphaël Claustre. « Nous avons effectivement parfois du mal à faire le lien avec les organismes de formation et les entreprises », reconnaît Philippe Guez, secrétaire général de la délégation francilienne de Constructys, l’Opca du bâtiment. Une difficulté qui pourrait s’aplanir alors que les organismes paritaires ont désormais un droit de regard étendu sur la qualité de l’offre de formation. Mais au-delà des annonces et de la réglementation, c’est surtout d’une prise de conscience collective que pourrait venir le développement des métiers de la transition énergétique.

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