La réforme de la formation, une « mutation culturelle profonde » (Jean-Marie Luttringer)

Rédigé par . Publié le 16 mai 2018. Mis à jour le 16 mai 2018.

Avec la réforme, l’État « reprend la main sur la régulation juridique et financière du système de formation professionnelle ». Il rompt ainsi avec la philosophie qui sous-tendait la loi Delors de 1971 qui prévoyait « son retrait au profit des corps intermédiaires et notamment des partenaires sociaux ». C’est ce qu’écrit le juriste Jean-Marie Luttringer dans une chronique publiée en mai 2018.

Cette logique de désintermédiation et de renforcement de l’autonomie et de la liberté des actifs s’appuie, explique le consultant, sur un « triangle d’or » :

  • la Caisse des dépôts et consignations, chargée de la gestion financière du compte personnel de formation et de la mise en place d’un système d’information national sur l’offre de formation éligible ;
  • l’Urssaf, qui collecte ;
  • France Compétences, qui les ventile en direction de différents acteurs.

« Autour de ce “ triangle d’or ” se construit un monde nouveau. Il laisse subsister quelques vestiges du vieux monde “ de la gestion paritaire ” (Opca) en les rétrogradant au rang de prestataires de services recentrés sur des missions réduites (opérateurs de compétences) », écrit Jean-Marie Luttringer.

Une mutation culturelle profonde

Pour le consultant, ce pari « de l’autonomie et de la prise d’initiative des personnes en vue du développement de leurs compétences par le recours à la formation n’est pas gagné d’avance » et constitue une « mutation culturelle profonde ». Il fait ainsi valoir que selon les sondages et enquêtes d’opinion, les personnes ont tendance à trancher en faveur des investissements de loisirs au détriment de la formation lorsqu’il s’agit de mobiliser leurs fonds propres.

Néanmoins, « dès lors qu’une personne est dotée de ressources dédiées, le sens de cet arbitrage pourrait s’inverser ». Pour Jean-Marie Luttringer, l’expertise de la Caisse des dépôts et consignations en matière d’ingénierie financière de projets de très long terme pourrait être l’une des clés de la réussite du CPF. L’installation et la montée en puissance du conseil en évolution professionnelle pourraient également, ajoute-t-il, être déterminantes.

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