Réforme formation : « Les opérateurs de compétences iront vers davantage de territorialisation dans leur nouvelle mission » (Stéphane Lardy)

Par - Le 16 mai 2018.

Le cabinet conseil Secafi (groupe Alpha) avait invité les partenaires sociaux et des représentants d’Opca à débattre de la réforme de la formation professionnelle et de l’apprentissage, lundi 14 mai à Paris. En ouverture de ce colloque, Stéphane Lardy, directeur adjoint de cabinet de Muriel Pénicaud, a précisé le calendrier parlementaire. La première séance plénière à l’Assemblée nationale est fixée au 11 juin. Rappelons que le gouvernement a engagé une procédure accélérée qui prévoit une seule lecture par chambre du Parlement. Le directeur adjoint du cabinet de la ministre du Travail a rappelé l’esprit de la réforme, « une révolution copernicienne en matière d’apprentissage et une continuité historique dans la personnalisation des droits en matière de formation professionnelle ».

Ancrage territorial

Sur le profil des futurs opérateurs de compétences, Stéphane Lardy relève le même continuum :

Les Opca ne sont pas si éloignés de ce que prévoit le projet de loi. Les compétences des opérateurs de compétences se recentreront vers les services. Ils outilleront les branches sur les référentiels de certification et iront vers davantage de territorialisation dans leur nouvelle mission sur l’apprentissage.

La rupture en matière de gouvernance nationale, avec la création d’une instance collégiale unique de gouvernance est assumée :  » Tous les acteurs doivent se parler et réguler ensemble la formation professionnelle dans un même lieu, au sein de France Compétences. Il ne s’agit pas d’une reprise en main. Je suis persuadé que ce partenariat réussira. »

Accélération de la transformation

Les deux Opca interprofessionnels invités par Secafi ont illustré les axes de transformation induits par la réforme. Tous deux considèrent qu’il s’agit surtout d’accélérer une évolution déjà amorcée vers des prestations de services aux entreprises, notamment les plus petites. Pour Joël Ruiz, directeur général d’Agefos-PME, il faudra renforcer deux compétences clés : « Nous aurons besoin d’experts en analyse des données, comme des Data scientists. Nous devrons également travailler sur nos relations avec les services publics de l’emploi dans une logique de coordination et de collaboration. » De son côté, Yves Hinnekint, directeur général d’Opcalia, insiste sur les efforts nécessaires en matière de « digitalisation afin de simplifier les parcours. Nous devons également monter en compétences sur l’apprentissage et innover dans la construction de dispositifs ». Tous deux posent les questions centrales des observatoires de branches essentiels dans la gestion prévisionnelle des compétences et de la présence territoriale. Deux leviers pour réussir cette transformation.

Dynamiser le dialogue social

Tous les négociateurs de l’accord national interprofessionnel (Ani) signé le 22 février dernier par toutes les organisations sauf la CGT étaient à nouveau réunis autour d’une table ce lundi 14 mai. Si les partenaires sociaux se félicitent de la reprise dans le projet de loi de certaines dispositions comme le CPF de transition ou encore un accompagnement financé et renforcé, ils se sentent bousculés par la réforme. Ils s’interrogent sur leur place dans la gestion de la formation professionnelle et sur une nouvelle dynamique à donner au dialogue social dans les branches et dans l’entreprise. Tous réfléchissent sur l’approche de co-construction des parcours de formation et sur l’évolution du CPF de transition.

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