Sur les questions de l’emploi, Nicolas Sarkozy veut rencontrer les partenaires sociaux dans les meilleurs délais pour fixer la méthode, l’agenda et le calendrier des réformes à mener. Au menu de son premier jour à l’Elysée, Nicolas Sarkozy a inscrit une discussion avec les partenaires sociaux à qui il proposera de tenir quatre « sommets » en septembre sur
l’égalité salariale hommes-femmes ;
le contrat de travail unique, la flexisécurité et la mise en oeuvre d’une sécurité sociale professionnelle ;
l’amélioration des conditions de travail ;
la démocratie sociale, avec notamment une réforme de la représentativité syndicale.
Pendant sa campagne électorale, il a déjà évoqué de nombreux thèmes touchant la formation et l’emploi.
Formation
Pour garantir l’égalité des chances et permettre à chacun de s’adapter aux évolutions de l’économie, le nouveau Président a annoncé la création d’un compte individuel d’épargne de formation, afin que « chacun puisse, à tout moment de sa carrière, suivre une formation suffisamment longue pour être qualifiante lui permettant de changer de métier, de secteur ou d’atteindre une qualification supérieure ». Ce compte, doté d’un capital initial de vingt années, devrait entraîner « une profonde modernisation des structures de formation professionnelle. Pour augmenter le degré de qualification, la validation des acquis de l’expérience devrait être mobilisée.
Sur les dépenses de la formation, le nouveau président estime qu’il y a « des gains de productivité phénoménaux » à réaliser dans ce domaine. Il souhaite « lever les tabous de notre système de formation professionnelle », car il y a « trop de dépenses de gestion, trop de gaspillages, trop d’opacité, trop d’argent pour former ceux qui sont déjà qualifiés, pas assez pour ceux qui ne le sont pas ».
Jeunes
Dans les 100 premiers jours de son mandat (d’ici fin juillet), le nouveau Président devrait lancer un « plan Marshall » pour les jeunes des quartiers difficiles, opérationnel dès septembre. Il s’agit d’un plan de formation, assorti de la mise en œuvre d’un programme de discrimination positive sur la base de critères économiques et sociaux (et non ethniques). Son ambition est d’offrir une formation ou un emploi à 250.000 jeunes. Ceux-ci pourraient bénéficier d’une allocation de 300 euros par mois, sous réserve qu’ils « suivent bien leurs études ou leur formation ». Un service civique de six mois pourrait être créé et transformé en stage de formation pour les jeunes ayant des difficultés d’insertion professionnelle. A Maisons-Alfort, le 2 février dernier, Nicolas Sarkozy a déclaré qu’il souhaitait créer une « école de la deuxième chance » par département en cinq ans et une par bassin de 100 000 habitants en dix ans. Par ailleurs, il envisage aussi d’abroger l’apprentissage junior. Concernant l’orientation, il s’est prononcé pour la mise en place d’un service public de l’orientation et la pratique d’une orientation sélective.
Emploi / Chômage
Pour 2012, le Président vise un chômage inférieur à 5%. L’ANPE, l’Unedic et les Maisons de l’emploi devraient être réunies en un seul service public de l’emploi, qui interviendrait immédiatement et de manière personnalisée pour permettre à tous ceux qui le souhaitent de trouver ou retrouver un emploi. Avec les partenaires sociaux, il veut créer « la sécurité sociale professionnelle », en vue d’assurer une « véritable protection » en période de chômage. Avec la généralisation du contrat de transition professionnelle, plus aucun licenciement économique n’aurait lieu, « sans que la personne licenciée n’ait immédiatement « un contrat avec le service public de l’emploi » qui lui assurerait 90% de son dernier salaire, aussi longtemps que nécessaire, pour suivre une formation qualifiante, trouver un nouvel emploi, essayer un nouveau métier. Pour les futures embauches, le contrat à durée déterminée (CDD) devrait être supprimé et remplacé par un contrat unique à durée indéterminée (CDI), évolutif en fonction de la carrière du salarié. Lors du débat télévisé avec Ségolène Royal, le 2 mai dernier, Nicolas Sarkozy a proposé « que l’on ne puisse pas, lorsqu’on est chômeur, refuser plus de deux offres d’emplois successives qui correspondent, bien sûr, à vos qualifications et à la région où vous habitez ». Et aussi que « pas un seul bénéficiaire d’un minima social ne soit pas conduit à exercer une activité, quelle qu’elle soit, pour retrouver la dignité de lui-même et rendre à la collectivité ce que la collectivité lui donne ».
Autre point évoqué pendant la campagne : le doublement des télétravailleurs et la création d’un véritable réseau de formation de proximité à l’Internet, appuyé sur le réseau des points d’accès publics à l’Internet (dans une interview le 7 mai dernier à « Commentcamarche »).
Patricia Gautier-Moulin
in Le Quotidien de la Formation, 9 mai 2007
































