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Le livre blanc du eLearning en France : un premier bilan de la formation électronique

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« Dans le monde de la formation eLearning, Crossknowledge [1], avec ses dix ans d’existence, fait presque figure de dinosaure », a constaté Michel Diaz, directeur associé du cabinet FéFaur en introduction à la conférence "L’offre professionnelle eLearning en France" tenue à Paris le 30 septembre 2010. Il est vrai qu’avec une quinzaine d’années d’existence, ce mode de formation via les nouvelles technologies de l’information et de la communication n’avait jamais réellement donné lieu à un bilan complet. C’est chose faite avec celui édité par le cabinet d’études eLearning à la demande de l’éditeur Crossknowledge. Une étude sur laquelle s’est appuyé Le livre blanc du eLearning en France, guide à l’usage des professionnels du secteur.

 La formation professionnelle : un marché à caractère national

« Les investisseurs financiers ne se positionnent pas massivement sur le eLearning » a prévenu Michel Diaz afin de souligner les difficultés rencontrées par les professionnels. En effet, pour établir son Livre blanc, le cabinet FéFaur [2] a interrogé près de 80 % des acteurs du marché français [3]. Une première à ce jour puisqu’au niveau mondial, seul le marché du eLearning britannique avait connu une telle enquête. Premier constat : près de 85 % des prestataires de service en France sont des entreprises… françaises. « Le marché de la formation est un marché à caractère national », a expliqué le directeur de FéFaur, « il faut tenir compte de logiques culturelles et réglementaires – cette dernière étant particulièrement stricte en France – qui rendent difficile l’installation d’un organisme de formation dans un pays dont il n’est pas issu. En dépit du caractère "pionnier" des entreprises fournisseuses d’apprentissage eLearning américaines, elles ne sont que 11 % sur le marché hexagonal et encore ne s’agit-il, la plupart du temps, que de fournisseurs de technologies LMS [4]. » Rappelant qu’en France, les formations eLearning "pures" sont extrêmement rares, Michel Diaz a indiqué que les pratiques nationales encourageaient des formules mixtes de blended-learning mêlant formations électroniques et présentielles, d’autant que les OPCA et autres organismes financeurs seraient, encore aujourd’hui, très méfiants concernant les apprentissages eLearning.

 Une offre essentiellement francilienne

A 48 %, les entreprises du secteur sont dirigées par leur fondateur et seul un nombre infime d’entre elles sont cotées en Bourse. Sur un plan géographique, 61 % de ces organismes sont regroupés en Ile-de-France, en Rhône-Alpes (18 %) et en Bretagne (17 %).Par ailleurs, 85 % de ces entreprises sont des PME de moins de 50 collaborateurs. Des tailles qui ne favorisent pas vraiment l’exportation d’autant que la barrière de la langue représente un écueil pour nombre d’entre elles. Ainsi, la Belgique et la Suisse francophone constituent les deux principaux débouchés étrangers. « La jeunesse et la petite taille de ces entreprises constituent parfois une difficulté quant à leur valorisation », a indiqué Michel Diaz. « Toutefois, dans certains cas, cette apparente faiblesse peut constituer un atout. En effet, les cellules de formation eLearning de leurs clients potentiels sont, elles aussi, composées de peu de collaborateurs. Parfois, un seul. L’aspect PME des organismes de formation eLearning peut lui inspirer davantage confiance que s’il avait affaire à un grand groupe, d’autant que les formations électroniques sont généralement ciblées et représentent des projets informatiques répondant souvent à un besoin très précis. »

 Une diversification lente à se développer

Les clients des organismes de formation eLearning, justement, présentent un visage assez uniforme en dépit de fluctuations récentes sur le marché. « A 73 %, il s’agit de sociétés comptant plus de 5000 collaborateurs », a signalé le directeur de FéFaur, « bien que les grosses PME commencent à s’intéresser sérieusement à ce moyen de formation, l’écrasante majorité des clients des entreprises spécialisées dans l’offre eLearning demeurent des groupes comptant de nombreux salariés et, généralement, transnationaux ». L’école et l’université, pour leur part, demeurent des marchés difficilement pénétrables, ne recourant aux apprentissages électroniques que pour 8 % d’entre elles. Quant au fameux "marché des particuliers", tant fantasmé par les professionnels, Michel Diaz a préféré en sourire : « disons-le tout net, le marché des particuliers est un mythe et il le restera encore longtemps ! Beaucoup de prestataires eLearning aimeraient partir à sa conquête, mais c’est en pure perte. Le mythe du consommateur américain qui demande un prêt à sa banque pour investir quelques milliers de dollars dans un programme de formation personnalisé, a vécu ! D’autant qu’avec la crise, les banques ne sont pas enthousiastes à l’idée de prêter pour la formation professionnelle. »

 Vive la crise ?

La crise, justement, a permis un effet d’aubaine pour l’enseignement à distance. « Nous avons constaté que le taux de croissance de la formation eLearning, suite à la crise, a été largement supérieur à celui des formations présentielles » a rappelé Michel Diaz. « Aux Etats-Unis, les départements formation des entreprises ont été fortement impactés par la crise. Ces derniers ont perdu environ 20 % de leurs budgets. Aussi, la formation eLearning permettant d’optimiser les coûts, cette solution a été largement retenue par les services de formation depuis. Les entreprises y sont venues contraintes et forcées, mais elles y sont tout de même venues. »

Établissant un bref historique de ce moyen de formation, Michel Diaz a souligné l’éventail toujours croissant des apprentissages électroniques. « Les formations en bureautique ont été le déclencheur de ce mode de formation. Il y a encore sept ou huit ans, le eLearning avait mauvaise presse, mais grâce aux progrès des technologies de l’information, il touche désormais tout un panel d’apprentissages qu’ils soient techniques, comportementaux ou manageriaux. Peu de thématiques lui échappent, désormais ».

par Benjamin d’Alguerre

in L’Inffo Formation n° 777, 1er au 15 novembre 2010

[1] http://www.crossknowledge.net/

[2] http://www.fefaur.com/fr/societe.html Le Livre blanc est téléchargeable sur le site de l’entreprise.

[3] Les entreprises constituant le "Panel fournisseurs" de l’étude sont Auralog, Cegos, Cornerstone Ondemand, Crossknowledge (et sa filiale Epistema), Daesign, Demos eLearning Agency & Mos, E-Doceo, Energitim, Eni, Haikara, HR Valley, Iprogress, Kompetis, KTM Advance, Lynxonline, Momindum, Onlineformapro, Qoveo, Saba, Smartcanal, Sumtotal, Syfadis, Symetrix, Takoma, Telelangue, U&I Learning, Xperteam.

[4] Un LMS (Learning Management System) ou MLE (Managed Learning Environment) ou VLE (Virtual Learning Environment) ou CMS (Course Management System) ou LSS (Learning Support System) est un système logiciel qui permet d’assurer la gestion de parcours pédagogiques en ligne pour les apprenants. Les services offerts incluent généralement un contrôle d’accès, des outils de communication (synchrones et/ou asynchrones) et l’administration des groupes d’utilisateurs.

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