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Baromètre ANDRH : la formation, toujours premier levier de gestion des talents

Rédigé par . Publié le 13 mars 2015. Mis à jour le 11 mars 2019.

La gestion des talents dans l’entreprise ? Une nécessité désormais acquise aux yeux d’une majorité de services RH. Même si, aux yeux des décideurs, ce sont essentiellement les cadres et les collaborateurs aux fonctions les plus stratégiques qui sont encore considérés comme des « talents ». C’est ce qui ressort du baromètre 2015 réalisé par l’Association nationale des directeurs de ressources humaines (ANDRH), le cabinet de conseil e-learning Féfaur et l’éditeur Cornerstone Ondemand « la gestion des talents dans les entreprises françaises » dévoilé jeudi 12 mars.

Le talent, selon près de 70 % des sondés, c’est cette « capacité à exercer les plus hautes responsabilités ou à prendre les postes de direction ». 60% des entreprises interrogées indiquent avoir mis en œuvre une telle politique en interne. Une politique qui, à 71%, concerne d’ailleurs l’ensemble des collaborateurs de l’entreprise et pas seulement la population des commerciaux trop souvent cible unique de ce genre de processus.

La formation plébiscitée car souvent installée de longue date dans les entreprises

Parmi les domaines de gestion des talents mis en place par les entreprises, le « Développement et la formation » se taille la part du lion, à égalité avec les dispositifs « Carrière et mobilité » (75,7% à chaque fois). Normal, pour Odile Pellier, co-animatrice de la commission nationale Talent Management de l’ANDRH : « l’importance du second peut s’expliquer par la nécessité d’allouer au mieux les ressources humaines en fonction des évolutions des marchés et des métiers et d’offrir des perspectives aux talents qu’elles veulent fidéliser. Le domaine de la formation, quant à lui, est installé de longue date dans les entreprises : c’est l’un de ceux dont les enjeux et les processus sont les mieux connus et les mieux structurés. »

Au contraire, l’usage des réseaux sociaux, pourtant souvent mis en avant dans la politique RH des entreprises, ne fait guère recette puisque cités par seulement 13,5% des entreprises (contre 19% lors du précédent baromètre, voici deux ans).

L’évaluation des talents, elle, repose encore dans son immense majorité sur l’entretien annuel (85,2%), même si 74% des entreprises sondées ont instauré des « revues des talents » ou du personnel en interne. Quant aux entretiens de mi-année, elles ne sont que 25% à en avoir mis en place. Et pour l’heure, cette évaluation demeure encore le pré carré des N+1 puisqu’à 82,2%, c’est à eux que revient cette tâche, contre 73,4% pour les fonctions RH. Les directions générales, elles, ne sont que 27,8% à s’impliquer dans ces processus.

La formation présentielle, stratégie prisée de développement pour presque 83% des entreprises

Et concernant les stratégies de développement de talents mis en œuvre par les entreprises, la formation présentielle demeure le vecteur le plus prisé (82,8%). « Ce qui n’est pas sans poser problème compte tenu de l’inadaptation de ce moyen à une meilleure – et plus fréquente – formation d’un nombre plus important de talents » , observe Michel Diaz, directeur du cabinet Féfaur.

Autres axes de développement : les missions transverses (62%), les projets (presque 60%) ou le coaching (53,8%). Le e-learning, même si son usage a augmenté de 10% depuis le dernier baromètre, reste en bas de l’échelle (26%) quasi à égalité avec l’usage des réseaux sociaux et des communautés de pratiques (24%).

D’ailleurs, en interne, 54,4% des entreprises interrogées avouent ne pas disposer de plateformes spécifiques à la gestion de talents. Et celles qui sont équipées de logiciels spécifiques ne sont que 8,3%. Les autres recourent soit au SIRH (système d’information RH, à 21,3%), soit à une plateforme type Talent management system (16%). Pour les autres, c’est encore la technique du doigt mouillé qui recueille les suffrages.

L’enjeu: faire progresser tous les salariés

Mais lorsque de tels outils sont utilisés, c’est avant tout dans le but de tirer le meilleur parti des salariés : à 56,2%, les processus de gestion des talents concernent la formation et le développement des compétences (en augmentation depuis le baromètre 2013) ou les carrières et mobilités (en recul). Pas anormal dès lors que 76,2% des entreprises interrogées disposent d’un budget de formation.

Rentrée dans les mœurs, la gestion des talents ? L’enquête incite en tous cas à l’optimisme. A condition, cependant, de démocratiser « à l’anglo-saxonne », la notion de talents. « Faire progresser tout le monde et pas seulement les hauts potentiels, voilà l’enjeu ! », souligne Jean-Paul Charlez, le président de l’ANDRH.

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