Bertrand Schwartz dans les années 1980, photo non datée.

Bertrand Schwartz : une vie au service de la qualification

À l’âge de 97 ans et au terme d’une vie consacrée à l’insertion et à la formation professionnelle, Bertrand Schwartz est décédé le 30 juillet dernier.

Rédigé par . Publié le 19 août 2016. Mis à jour le 11 mars 2019.

Enfant et acteur de son siècle, qui rejoignit les troupes de la France libre en 1943, Bertrand Schwartz fait partie des rares figures qui font l’unanimité. Il “a marqué l’histoire sociale de notre pays, notamment en proposant et en impulsant la création des Missions locales”, ont souligné, dans un communiqué publié le 2 août, la ministre du Travail Myriam El Khomri et la secrétaire d’État à la Formation professionnelle Clotilde Valter, en faisant référence à son rapport sur l’insertion sociale et professionnelle des jeunes, qui a également impulsé la création des PAIO (Permanences d’accueil, d’information et d’orientation) en 1982.

Avant la loi de 1971

Ce Polytechnicien débute sa carrière comme professeur à l’École des Mines de Nancy en 1948, où il occupe des fonctions de direction de 1954 à 1966. L’occasion d’impulser un enseignement basé sur l’analyse des compétences nécessaires aux industriels. Acteur infatigable du rapprochement entre l’enseignement et les entreprises, il assure de 1960 à 1972 la direction du Centre universitaire de coopération économique et sociale de Nancy. En parallèle, il impulse la création de l’Institut national pour la formation des adultes, qu’il dirige de 1963 à 1969.

Il tient un rôle crucial dans le développement de l’alternance, qui fait écho aux fonctions qu’il occupe à partir de 1982 et qui donnent lieu à la création et au développement des Missions locales. Il est également délégué interministériel à l’insertion professionnelle et sociale des jeunes en difficulté entre 1983 et 1985. Un combat pour favoriser l’accès à l’emploi et à la qualification qui se poursuivra notamment au sein de l’association Moderniser sans exclure, entre 1992 et 2002.

Un rapport qui donne lieu à la création des Missions locales

“Rien ne se fera sans les jeunes. Toute politique ne peut être entreprise et menée à bien qu’avec ceux à qui elle s’adresse”, souligne Bertrand Schwartz dans le rapport L’insertion des jeunes en difficulté qu’il remet en 1981 au Premier ministre Pierre Mauroy. Ce rapport repose sur la conviction que l’insertion professionnelle et l’insertion sociale sont indissociables, et il donne lieu à la création des Missions locales. Entre 1982 et 1983, Bertrand Schwartz pilote la mise en place expérimentale de ces structures, avant de devenir délégué interministériel à l’insertion professionnelle et sociales des jeunes en difficulté.

À 97 ans, il restait une référence et un militant infatigable de l’insertion des jeunes, comme soulignait sur son blog le 8 août dernier le député d’Indre-et-Loire Patrick Gille, qui est également président de l’Union nationale des Missions locales : “C’est tout naturellement que l’UNML et le réseau des Missions locales ont créé en 2011, sous son patronage, l’Institut Bertrand Schwartz pour favoriser les conditions d’un renouvellement de l’action en direction des jeunes, en s’appuyant sur leur capacité d’innovation et celle des professionnels ainsi que sur la capitalisation de trente ans d’intervention et de politiques publiques.”

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