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Bras de fer entre l’organisme de formation Cegos et ses sous-traitants indépendants

Par - Le 16 juillet 2015.

Le bras de fer entre le principal syndicat des formateurs indépendants (le Sycfi) et Cegos, l’un des leaders français du marché, se poursuit. Alors que l’organisme de formation avait prévu, en juin dernier, de diminuer de 30 % les honoraires d’une cinquantaine de ses sous-traitants indépendants actifs dans le domaine de la bureautique en invoquant les tensions particulières de ce marché (lire notre article), le syndicat avait annoncé son intention de saisir le médiateur inter-entreprises afin de lutter contre une pratique accusée de favoriser la formation low cost et d’entretenir la précarité des formateurs freelances.

Nouvelle grille d’honoraires

Une menace que le Sycfi avait, dans un premier temps, laissé en suspens. Il attendait le résultat de la négociation qui s’était engagée entre la direction de Cegos et huit de ses formateurs indépendants. Cette réduction de rémunération portait de 360 euros à 280 le tarif de leurs prestations journalières au titre d’une nouvelle grille d’honoraires qui aurait dû entrer en vigueur au 1er avril 2015. Forçant les formateurs qui avaient travaillé pour Cegos durant ce mois à rembourser le trop-perçu à l’organisme de formation.

En définitive, les résultats de cette négociation sont tombés le 2 juillet dernier : l’entreprise a annoncé s’engager sur une nouvelle grille tarifaire, remontant à 300 euros par jour les honoraires de ses sous-traitants et abandonnant l’idée du remboursement des prestations surtarifées d’avril.

Des concessions insuffisantes aux yeux du syndicat : “Dans cette affaire, nous avons en premier joué le rôle de lanceurs d’alerte et laissé la négociation se poursuivre, mais en dépit de la forte audience qu’a connue cette affaire fin juin, Cegos a quand même décidé d’une baisse de - 12 % des honoraires de ses consultants-formateurs en bureautique selon les critères d’une nouvelle grille tarifaire qui entrera en vigueur au 1er septembre prochain. Ce n’est pas acceptable”, assure Philippe Cusson, le président du Sycfi.

“Principe de réaction systématique”

En conséquence de quoi, le syndicat a mis sa menace à exécution en procédant à une saisine collective du médiateur interentreprises pour contraindre l’organisme à renégocier ses tarifs à la hausse. “La démarche a été validée et maintenant, nous attendons que la procédure suive son cours”, indique Philippe Cusson.

Une procédure qui pourrait être amenée à se répéter car, à l’avenir, le Sycfi entend systématiser ce type d’actions contre les donneurs d’ordres indélicats avec leurs sous-traitants. “Nos instances ont décidé d’adopter dès maintenant un principe de réaction systématique”, prévient le syndicat. Jointe par le Quotidien de la formation, la direction de Cegos n’a, pour sa part, pas donné suite à nos demandes d’interview.

En juin dernier, d’ailleurs, le syndicat avait indiqué entrer en contact avec la Fédération de la formation professionnelle en vue de l’élaboration d’une charte des bonnes pratiques en matière de sous-traitance. Selon nos informations, une première réunion entre les deux organisations aurait été programmée au mois de septembre. Le début d’une sécurisation des conditions de travail des indépendants ?

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