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Grève générale contre le “blocage” du plan de refondation de l’Afpa

Rédigé par . Publié le 22 avril 2015. Mis à jour le 12 mars 2019.

Alors que le conseil des ministres, réuni ce 22 avril, examine le projet de loi relatif au dialogue social porté par François Rebsamen, dont l’article 21 vise à définir le rôle de l’Afpa dans le service public de l’emploi (lire), les salariés de l’opérateur arpentent le pavé parisien, d’Invalides à Montparnasse, à l’appel de six organisations syndicales (CGT, CFDT, CFE-CGC, CFTC, FO et Sud-Solidaires). En cause : un “Acte II de la refondation” de l’Afpa dont la mise en pratique ne cesse, à leurs yeux, de traîner en longueur.

De nombreux écueils…

Les conflits sociaux se poursuivent à l’Afpa depuis le lancement, en octobre 2014, du deuxième acte du plan de refondation de l’opérateur par son président, Yves Barou. Un plan qui aurait dû déterminer les grandes orientations stratégiques de l’Association jusqu’en 2020, mais qui s’est très rapidement heurté à de nombreux écueils.

Sa situation financière, en premier lieu, puisqu’en dépit des aides financières de l’État, le retour à l’équilibre budgétaire initialement prévu en 2014 n’a pas eu lieu. Ainsi, pour la période 2015-2017, l’opérateur s’attend à des pertes frôlant les 250 millions d’euros contraignant l’Association à souscrire un nouveau prêt de 150 millions (lire).

À quoi s’ajoutent la menace d’une commande publique en baisse, depuis le transfert de la compétence d’achat de formation aux Conseils régionaux (lire) et la constante problématique autour du patrimoine immobilier de l’Afpa et de son entretien qui, selon les calculs de certains syndicats, pourrait représenter, dans les années à venir, une note totale de près d’un milliard d’euros.

Le dossier immobilier entre les mains de Bercy

Initialement, François Rebsamen aurait dû procéder à des annonces sur les engagements de l’État envers l’Afpa à la mi-mars, notamment sur le volet immobilier. Une date reportée une première fois aux conseils d’administration et d’orientation prévus les 15 et 16 avril à Dijon, puis finalement déprogrammée à nouveau, pour se voir fixée le 11 mai.

Au sein du conseil d’orientation, on explique ce report par la mauvaise tournure prise par la négociation sur le patrimoine immobilier de l’Association. À l’origine, l’option la plus probable consistait en une dévolution à l’Afpa des centres stratégiques nationaux et la contraction d’un bail emphytéotique administratif (BEA) unique pour ses centres régionaux.

Mais pour l’heure, le dossier traîne entre les mains de Bercy et de France Domaine, l’agence publique en charge du patrimoine de l’État. “Bercy est un État dans l’État et France Domaine, un État dans Bercy…”, soupire Christian Filliot, secrétaire général de la CGT Afpa. Du côté de la direction, on plaide le manque d’information pour justifier le report des discussions : “Nous avons besoin de tous les éléments que doit nous communiquer le gouvernement avant de réunir à nouveau les instances”, explique-t-on dans l’entourage d’Yves Barou.

“L’exercice de la négociation a ses limites”

Pour les syndicats, cependant, la coupe est pleine et ceux-ci entendent bien se faire entendre ce 22 avril, par le lancement d’un mot d’ordre de grève générale et l’organisation d’une manifestation à Paris. “L’exercice de la négociation a ses limites. Nous constatons que tout est bloqué et que les politiques, en fins tacticiens, jouent l’enlisement pour passer les prochaines échéances électorales à venir en mettant sous le paillasson le dossier Afpa”, tempête Bruno Peraire, secrétaire général CFDT chez l’opérateur.

Quant à la date de la mobilisation, elle ne doit rien au hasard puisque le même jour, le conseil des ministres examine le projet de loi de modernisation du dialogue social comprenant un volet dédié à l’Afpa replaçant celle-ci dans le service public de l’emploi.

“Le but de ce mouvement du 22 avril, c’est d’inciter le gouvernement à débloquer les moyens nécessaires au redressement de l’Afpa et pour la sortir de l’ornière”, précise Christian Filliot. À cette fin, une délégation des salariés de l’Association espère se voir reçue par le ministère à l’issue de la manifestation.

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