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L’État consacrera un demi-milliard de plus à la poursuite du plan 500 000 formations supplémentaires au premier semestre 2017

En 2017, la reprise économique française et la baisse du chômage tiendront moins à des mesures incitatives à l’embauche qu’à la formation des demandeurs d’emploi pour répondre aux besoins en compétences des entreprises. C’est en substance le pari que fait le gouvernement en envisageant de consacrer cinq cents millions d’euros à la poursuite du plan 500~000 formations supplémentaires au premier semestre 2017. Ils seront prélevés notamment sur les crédits prévus pour l’aide à l’embauche dans les PME incluse dans le plan d’urgence contre le chômage annoncé le 18 janvier dernier par François Hollande.

Par - Le 09 décembre 2016.

Ce plan reposait sur deux volets : le plan 500 000 formations et cette aide « embauche PME ». Il prévoyait que les enveloppes allouées à chacune de ces lignes budgétaires puissent être transférées de l’une à l’autre. « Cette initiative confirme que la formation professionnelle n’est plus appréhendée comme un traitement social du chômage, mais bien comme un vrai investissement dans la compétitivité française. Les aides incitatives à l’embauche sont traditionnellement utilisées pour soutenir la reprise économique. À partir du moment où la relance est solide, il ne s’agit plus que d’un effet d’aubaine et ce sera le cas au deuxième semestre. C’est pourquoi nous avons décidé d’arrêter cette mesure à cette échéance et de basculer les fonds prévus pour poursuivre le plan 500 000 jusqu’en juin 2017. », explique le cabinet de Myriam El Khomri, la ministre du Travail, de l’Emploi, de la Formation professionnelle et du Dialogue social.

Une réunion quadripartite pour faire un bilan et prévoir 2017

Théoriquement, ce sont donc 250 000 formations complémentaires pour les demandeurs d’emploi que cette mesure permettra de financer. Mercredi 7 décembre, une réunion au ministère du Travail où étaient conviés les partenaires sociaux et les Régions, visait notamment à confirmer que ces derniers étaient d’accord pour prolonger de six mois cet effort de formation.

« Tous les participants se sont également retrouvés pour considérer que la dynamique en cours devait être poursuivie au service à la fois des femmes et des hommes qui bénéficient des formations et des entreprises qui ont besoin de compétences pour se développer », souligne le communiqué de presse du ministère du Travail publié à l’issue de la rencontre. Elle est le deuxième point d’étape du plan 500 000 qui en prévoyait trois en 2016. La dernière réunion a été repoussée à la deuxième quinzaine de janvier 2017, afin que toutes les données consolidées soient disponibles pour dresser un bilan fiable réclamé par les acteurs.

Des évaluations prévues pour chaque échéance du plan

« Les Conseils régionaux, les partenaires sociaux et l’État ont exprimé le souhait unanime que le plan fasse l’objet d’une évaluation précise permettant d’en tirer tous les enseignements. La proposition de méthode présentée par l’État pour engager rapidement cette évaluation fera l’objet d’échanges entre les partenaires dans les toutes prochaines semaines et sera présentée au Cnefop [ 1 ]Conseil national de l’emploi, de la formation et de l’orientation professionnelles. début 2017. L’évaluation donnera lieu à un premier rapport en juin-juillet 2017», indique par ailleurs le communiqué de presse.

Néanmoins, si à l’issue de cette évaluation les partenaires convenaient de la poursuite du plan 500 000 au second semestre 2017, l’État tient à souligner que son engagement financier dans ces actions ne saurait être pérenne. « Il faut voir maintenant dans quelle mesure et conditions les Régions, le FPSPP [ 2 ]Fonds paritaire de sécurisation des parcours professionnels. ou les Opca voudront participer. Une mission doit prochainement remettre un rapport pour identifier si les Opca disposent de fonds excédentaires pouvant être mobilisés pour la formation des demandeurs d’emploi. Cet argent, comme celui alloué par les Régions, s’ajoutera au milliard que prévoit l’État, mais ce dernier n’a pas vocation, au-delà, à financer la formation des demandeurs d’emploi, qui n’est pas dans son champ de compétence », souligne le cabinet de Myriam El Khomri.

Notes   [ + ]

1. Conseil national de l’emploi, de la formation et de l’orientation professionnelles.
2. Fonds paritaire de sécurisation des parcours professionnels.

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