Le philosophe Luc Ferry, ancien ministre de la Jeunesse, de l’Éducation nationale et de la Recherche.

La formation professionnelle pour pallier les effets de la troisième révolution industrielle (assemblée générale du transport-logistique)

Les professionnels du transport et de la logistique vont davantage avoir recours à la formation professionnelle dans le futur à en croire Luc Ferry, ancien ministre de la Jeunesse, de l’Éducation nationale et de la Recherche, qui s’est exprimé devant leur assemblée générale du 14 juin sur le thème : transmission des savoirs.

Rédigé par . Publié le 15 juin 2016. Mis à jour le 11 mars 2019.

Tout d’abord car la formation initiale est, selon lui, défaillante. « Il existe une déconstruction des traditions qui fait que, sur les secteurs traditionnels de l’enseignement et de l’éducation, nous sommes en difficulté, essentiellement dans la maîtrise de la langue et la civilité », a-t-il constaté. « C’est pourquoi la formation professionnelle va devenir absolument cruciale dans les prochaines années », a-t-il prédit.

Ensuite, alors que nous vivons une troisième révolution industrielle, les retombées sur le transport vont être « considérables ». « La formation professionnelle va être vitale, à proprement parler vitale, dans les années qui viennent. Parce que ça va bouleverser le monde et vous allez être obligés de suivre les évolutions et les transmettre », a de nouveau averti le philosophe.

Pourtant, la profession forme actuellement plus de 33 000 chauffeurs par an, a rappelé le président directeur général de l’AFT (Association pour le développement de la formation professionnelle dans le transport) Jean-Paul Deneuville, qui a confirmé la prédiction de l’invité : « Luc Ferry s’est mis au diapason des sujets auxquels les organisations professionnelles réfléchissent. Comment nous adaptons-nous ? Quelles seront les formations de demain ? Lorsque nous regardons les offres d’emploi d’Uber, elles demandent des ingénieurs. Elles ne font appel à aucun chauffeur, ni à du personnel de maintenance. Si l’on se projette dans un monde où les véhicules seront automatisés, nous formerons non plus 33 000 chauffeurs, mais X fois moins. »

Si les prévisions d’embauches sont reparties à la hausse en 2016, 2015 a été une « période de latence et de mise en place de la réforme de la formation », a-t-il indiqué. « Pour les entreprises, cette réforme est incompréhensible. On a l’impression que les “sachants” s’adressent aux “sachants”. Ils n’y comprennent rien, ne savent pas s’il faut investir dans la formation ou s’il faut mutualiser. Nous voulons rendre cela plus lisible et aider les transporteurs et même les chargeurs [ 1 ]Les clients des transporteurs.. La cotisation est passée de 1,6 % de la masse salariale, qui comprenait le coût pédagogique, le salaire du stagiaire et les frais annexes des actions de formation. Maintenant, avec 1 %, cela ne représente plus que les frais pédagogiques. »

L’AFT a parachevé sa séparation d’avec l’Iftim (voir notre article). Elle dispose désormais de ses propres services de comptabilité, de ressources humaines et de communication. Elle se dote de moyens propres et quitte le siège social historique de l’avenue de Villiers à la fin de ce mois pour s’installer dans de nouveaux locaux rue Cardinet.

L’AFT se recentre sur ses missions d’origine : le développent de la formation professionnelle dans le transport et la logistique. Elle a signé une convention avec le ministère des Transports pour l’emploi de la « ressource affectée » pour trois ans (au lieu d’un an précédemment) [ 2 ]La ressource affectée est perçue lors de l’immatriculation des véhicules utilitaires, publics ou privés.. Laquelle a permis de cofinancer 31 500 formations initiales de conducteurs routiers (formation initiale minimale obligatoire + titres professionnels) en 2015.

Notes   [ + ]

1. Les clients des transporteurs.
2. La ressource affectée est perçue lors de l’immatriculation des véhicules utilitaires, publics ou privés.

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