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La place des consultants-formateurs indépendants (CFI) dans l’économie de la formation

Rédigé par . Publié le 12 novembre 2014. Mis à jour le 11 mars 2019.

Quatre ans après les premières Assises du consultant-formateur indépendant, le Sycfi, principal syndicat de la profession, tenait, le 12 novembre, la deuxième édition de cet événement consacré, cette fois, à la sécurisation et à la pérennisation du métier de formateur freelance dans un environnement incertain. L’occasion, pour Actualité de la formation.fr, d’établir un bilan des quatre années d’activité de cette organisation professionnelle avec Lionel Soubeyran, son président.

Ne plus se contenter d’un statut de « sous-traitants »

En 2010, la première édition s’ouvrait sur la remise d’un rapport établi par le bureau du Sicfor – le Syndicat des indépendants, consultants et formateurs, qui devait devenir le Sycfi un an plus tard, après la fusion avec la Fédération des consultants-formateurs (FCF), autre organisation professionnelle du secteur – plutôt accablant pour la profession. Absence d’identité professionnelle, manque de reconnaissance des formateurs freelances de la part des entreprises et précarité du métier constituaient les principaux points d’alerte que le syndicat avait identifié.

« Notre profession se trouve à un tournant de son histoire », confiait en 2011 Lionel Soubeyran au Quotidien de la formation. « Notre avenir ne dépend que de nous : soit nous apprenons à construire des partenariats stratégiques entre nous pour répondre aux appels d’offres et acquérir une visibilité accrue sur le marché et, à cette condition, nous pourrons continuer à exister, soit nous sommes condamnés à n’être que des sous-traitants pour les grands groupes jusqu’à notre disparition ».

Crédibilité, visibilité… respect

De ce constat était né un plan d’action destiné à permettre aux consultants-formateurs indépendants de trouver leur « juste place » sur le marché de la formation et du consulting. « Être crédibles, être visibles, être respectés : c’étaient nos objectifs », raconte aujourd’hui le président du Sycfi qui juge que les deux premiers ont été atteints. Grâce, notamment, au travail mené en collaboration avec plusieurs laboratoires universitaires en sciences sociales. Ils ont permis la genèse du guide Profession formateur-consultant destiné à définir les contours de la profession.

À quoi s’est ajoutée la création, dans le cadre d’un travail mené avec l’Afref (Association pour la réflexion et l’échange sur la formation), d’un premier Répertoire professionnel des consultants-formateurs indépendants (RPCFI), susceptible d’offrir à ces derniers une identification professionnelle spécifique et lisible (voir L’Inffo n° 841). Un répertoire mis en ligne le 13 novembre (à l’adresse RPCFI.org), au soir de la tenue de l’assemblée générale du syndicat.

Le nombre de consultants-formateurs, sous statut indépendant (travailleur non salarié, EURL, auto-entreprise, portage salarial…) est de 15 à 20 000 professionnels en France, pour un chiffre d’affaires qui s’élèverait, en moyenne, à 48 000 euros annuels. Nombreux sont les nouveaux “freelances” à tenter leur chance sur ce marché déjà saturé. Souvent d’anciens cadres expérimentés en deuxième partie de carrière, à la recherche d’une alternative au chômage… et pas toujours formés pour exercer ce métier. Le métier demeure souvent exercé en sous-traitance pour le compte d’organismes de formation plus importants. Avec la disparition du “0,9%” plan de formation, la crainte de voir les budgets formation réduits et les exigences des donneurs d’ordres croissantes pèse aussi sur ces CFI.

L’expérience du « Collectif des présidents »

Renforcer la crédibilité et la visibilité des consultants-formateurs freelances dans le paysage de la formation, c’était également le but de la participation du Sycfi au Collectif des présidents pour la réforme de la formation professionnelle, ce regroupement d’une trentaine d’associations issues de la société civile co-fondé par Yves Attou (président du Comité mondial pour l’apprentissage tout au long de la vie), Pierre-Julien Dubost (président d’honneur du Sycfi) et Lionel Soubeyran.

Ce Collectif avait souhaité apporter sa pierre à l’édifice de la réforme par le biais d’un rapport remis aux conseillers sociaux de l’Élysée et de Matignon fin 2013. « Il n’est pas démontré que ce rapport fut pris en compte… », observe le président du Sycfi, « mais ce n’est pas parce qu’on ne nous demandait pas notre avis que nous ne devions pas le donner. »

Feuille de route 2014-2016

« Sur la visibilité et la crédibilité, nous avons bien avancé au cours de ces quatre années… le respect, en revanche, on doit encore le gagner » , analyse Lionel Soubeyran. Cela pourrait être la future feuille de route du prochain président du Sycfi – l’actuel ne souhaitant pas se représenter – qui sera élu pour deux ans au lendemain de ces Assises dont le programme sera consacré à l’avenir économique et à l’utilité sociale du formateur indépendant dans un écosystème reconfiguré par la réforme.

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