La réforme incite les prestataires de formation à innover

Rédigé par . Publié le 10 décembre 2018. Mis à jour le 15 mars 2019.

Les dispositions de la loi « avenir professionnel » et le plan d’investissement dans les compétences (Pic) offrent de nouvelles opportunités aux prestataires de formation. À condition de faire évoluer leur offre et leurs pratiques. Le colloque organisé, jeudi 6 décembre, par le Syndicat national des organismes de formation de l’économie sociale (Synofdes) et le Cnam (Conservatoire national des arts et métiers), a permis de dégager des pistes d’innovation.

En élargissant la définition de l’action de formation, la loi du 5 septembre 2018, ouvre de nouvelles perspectives aux prestataires de formation. Ce « cadre législatif plus accueillant » offre, selon Stéphane Rémy, adjoint au sous-directeur des politiques de formation et du contrôle à la DGEFP, davantage de souplesse en matière de construction des parcours pédagogiques et de modalités de formation y compris à distance ou en situation de travail. Des formats dans lesquels, les prestataires de formation peuvent s’inscrire. D’autant que ce sont de « bons vecteurs de dialogue avec les entreprises, en particulier les moins de 50 salariés. » Mais, cela suppose, d’après lui, une ingénierie et un accompagnement adaptés. « Les futurs opérateurs de compétences auront un rôle majeur à jouer dans la relation entre les entreprises et l’offre de formation notamment pour faire naître les besoins », ajoute Stéphane Rémy.

Appel à innover dans le cadre du Pic

Le plan d’investissement dans les compétences (Pic) constitue lui aussi un moteur d’innovation. À travers les appels à projets et les pactes régionaux qui le déclinent, l’objectif est aussi d’encourager l’émergence de nouvelles modalités de formation, comme le rappelle Jean-Marie Marx, haut-commissaire aux compétences et à l’inclusion par l’emploi. Un appel à projets sur « la transformation du système de formation » est d’ailleurs en préparation, a-t-il annoncé aux prestataires présents lors du colloque. Objectif : « vous appuyer sur des innovations, les capitaliser, les évaluer en vue d’essaimer ». Pour cet appel à projets, comme pour ceux déjà lancés [footnote]Appels à projets 100 % inclusion, réfugiés et prépa-apprentissage[/footnote], le haut-commissaire encourage les prestataires de formation à nouer des partenariats dans les territoires. « Vous avez tout à gagner à tirer profit de l’expérience des uns et des autres », conseille Jean-Marie Marx.

S’inscrire dans la Fest

Sur le terrain, certains acteurs ont déjà commencé à explorer de nouvelles pistes. AFP2I, prestataire basé à Arras, s’est ainsi doté d’un laboratoire pour développer des formations au numérique. L’organisme investit aussi le champ de la formation en situation de travail (Fest) : pédagogie d’entreprise virtuelle intégrée au certificat CléA et partenariat avec l’Université de Lille portant sur la Fest dans le secteur de l’économie sociale. Former en situation de travail n’exclut pas l’intervention de prestataires. « Nous avons besoins des organismes de formation pour aider les entreprises à monter des parcours de formation en situation de travail sur-mesure », confirme Leila Roze des Ordons, responsable pôle ingénierie pédagogique et développement de l’offre de services de l’Afdas, Opca qui participé à l’expérimentation sur la Fest.

S’allier et se transformer

Les prestataires de formation ont aussi intérêt à investir le champ du digital en s’emparant des nouvelles technologies ou en s’adossant à des spécialistes. « Il y a une vraie opportunité à travailler de manière conjointe avec les universités, les acteurs de la formation et les Opca pour coconstruire des offres de formation pour les entreprises  », estime Catherine Mongenet, directrice de France université numérique (Fun), opérateur de la plate-forme Fun Mooc.

L’évolution du compte personnel de formation (CPF) offre par ailleurs aux organismes de formation la possibilité de s’adresser directement aux actifs qui veulent mobiliser leur droit à la formation. À condition de savoir répondre aux exigences d’un marché désintermédié. Pour s’y préparer, le centre Cnam de Nouvelle-Aquitaine a lancé une vaste réorganisation en interne. Répondre rapidement aux demandes des particuliers implique « une dématérialisation de notre processus commercial », explique son directeur, Jean-Sébastien Chantôme. Le centre s’est doté de compétences en marketing afin de travailler sur la présentation et le référencement de son offre et s’attèle aussi à mieux tracer les avis des stagiaires. « Les clients veulent pouvoir choisir en fonction des avis d’autres personnes », explique Jean-Sébastien Chantôme.

Quel que soit le marché sur lequel, ils interviennent, les organismes de formation devront à l’avenir faire preuve d’inventivité et apprendre à coopérer.

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