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Laure Coudret-Laut, directrice d’Erasmus+ France : “Financer des projets de mobilité de qualité”

Récemment nommée directrice de l’agence Erasmus+ (lire), Laure Coudret-Laut a accepté de tracer les grandes lignes des chantiers qui l’attendent dans les trois années à venir.

Par - Le 16 février 2016.

“Je suis en pleine phase de découverte”, confie-t-elle lors d’un entretien accordé au Quotidien de la formation. “C’est une phase de prise de connaissance et de découverte de l’ensemble de ce que fait l’agence. Mon travail auparavant était orienté vers la négociation des programmes Erasmus dans le cadre de mes fonctions au bureau de la Représentation permanente de la France à Bruxelles. Aujourd’hui, c’est un nouveau défi que d’être dans la mise en œuvre concrète du programme.”

En effet, la nouvelle directrice occupait un poste de conseillère éducation, jeunesse et sports a la Représentation permanente de la France auprès de l’Union européenne depuis 2011. Ce qui l’a, entre autres, conduite à négocier le règlement du programme Erasmus+ 2014-2020.

Émergence de projets plus structurants

“Je découvre de façon plus précise l’engouement que suscitent les actions de mobilité dans la formation professionnelle. Aujourd’hui, on finance plus de 15 800 projets de mobilité apprenante et l’on voit se développer des partenariats stratégiques très intéressants. Pour moi qui ai négocié et vu les changements entre les programmes précédents et actuels, je relève plus de transversalité. On voit dès 2015 l’émergence de projets globalement plus structurants.”

Le programme Erasmus+ est de plus en plus sollicité par les acteurs de la formation. Malgré l’augmentation des crédits alloués, l’Agence ne peut pas faire face à toute la demande exprimée. En effet, l’année précédente, la demande était à hauteur de 47 millions de financement, contre 28 millions finalement alloués. Et cela n’a pas fini de croître car selon les dernières tendances pour l’année 2016, le chiffre des demandes pourrait bien passer à 55 millions de financement. “On ne satisfait pas la totalité de la demande. Nous attendrons la révision à mi-parcours du cadre financier pour espérer obtenir plus d’argent pour permettre à des projets mobilité de qualité d’être financés.”

Élargir la vision de la mobilité

“Le programme Erasmus fait partie du cœur de notre métier, mais les possibilités offertes sont plus larges pour tester d’autres visions de la mobilité. Je pense par exemple à l’initiative de Jean Arthuis pour développer un programme de mobilité longue pour les apprentis (lire). C’est une manière de voir s’il existe une vraie demande pour ce type de programme. J’ai également participé à une opération initiée par l’agence en collaboration avec les Campus des métiers et des qualifications pour travailler à leur ouverture européenne et internationale. Il y a eu à cette occasion une grande convergence entre la philosophie des Campus et l’agence Erasmus+. En outre, au-delà d’Erasmus, nous disposons d’outils sur lesquels nous souhaitons mettre l’accent. Je pense par exemple au service Épale, lieu important de rencontre des acteurs de la formation professionnelle qui se développe et fédère les acteurs. C’est aussi une bonne manière de faire connaître dans le domaine de la formation professionnelle le programme Erasmus +.”

Une ouverture à l’international ?

Sur l’ouverture à l’international, si des réflexions communes sont engagées avec des pays de manière plus large que l’Europe, cela concerne encore un petit volume sur l’ensemble du programme Erasmus+. “Nous échangeons sur des bonnes pratiques avec des pays comme l’Indonésie encore récemment et nous pouvons imaginer des zones d’expérimentation pour ce qui concerne la formation professionnelle. Cependant, les partenaires européens représentent le premier axe à privilégier.”

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