Le gouvernement lancera une plateforme de mise en relation des apprentis et des employeurs en janvier 2016

Par - Le 14 septembre 2015.

Un premier déplacement hors de Paris placé sous le signe de l’apprentissage pour la nouvelle ministre du Travail. Le 11 septembre, c’est depuis la Haute-Normandie que Myriam El Khomri a défini les futurs orientations gouvernementales à destination des apprentis et de leurs employeurs.

“Je suis la ministre du Travail et de l’Emploi… mais aussi de la Formation professionnelle, il ne faut pas l’oublier !” Pour son premier déplacement en région, Myriam El Khomri a choisi Rouen et plus particulièrement l’un de ses centres de formation emblématique, l’Institut national de la boulangerie et de la pâtisserie (INBP). Un organisme historique du secteur – il a soufflé ses 40 bougies en 2014 – où se côtoient adultes en reconversion professionnelle et apprentis venus y apprendre un métier dans le cadre du CFA associé, le CFA-BPF qui, cette année, accueille sa vingtième promotion.

“Si j’ai souhaité venir ici, c’est parce que j’ai appris que le secteur de la boulangerie connaissait des problèmes de recrutement. C’est pourtant l’un des domaines de l’excellence française”, a indiqué la ministre. Une excellence reconnue internationalement – on vient même d’Australie se former à l’INBP – mais qui peine à séduire les jeunes Français.

“Lever les blocages entre l’entreprise, le centre de formation et l’apprenti”

“Dans la Seine-Maritime, nous avons enregistré une petite hausse du nombre de contrats signés après le déploiement des exonérations de charges pour les entreprises de moins de 11 salariés recrutant un apprenti”, a annoncé Christophe Doré, vice-président (UPA) de la Chambre des métiers du département, “mais les chefs d’entreprise artisanale nous indiquent qu’ils rencontrent encore des difficultés pour recruter des apprentis. Cette année, il reste encore 570 places en apprentissage vides, faute de candidats”.

Une réalité dont témoigne Florent Delahaye, boucher-charcutier dans l’arrière-pays normand dont l’annonce, pourtant passée en juin dernier, n’a toujours pas trouvée preneur. Mais parfois, la situation s’inverse et ce sont les désidératas des candidats à l’apprentissage qui ne correspondent pas aux offres déposées par les entreprises. Marine Lefebvre, apprentie en deuxième année de CAP, en atteste : elle qui cherchait un cursus d’apprentissage en pâtisserie s’est retrouvée à occuper un poste de vendeuse dans une boulangerie. Par chance, elle s’y est découvert une vocation pour le commerce et avoue s’épanouir dans ce métier qu’elle n’avait pourtant pas choisi au départ.

Faciliter la mise en relation des candidats à l’apprentissage, des employeurs et des centres de formation, c’était l’un des objectifs gouvernementaux à l’issue de la Journée de mobilisation pour l’emploi du 12 mai 2015. Après le changement de ministre, l’agenda n’est pas pour autant modifié.

“Nous allons lancer dès le début d’année 2016 une plateforme où les employeurs pourront inscrire ce qu’ils recherchent en termes d’apprentis et où, en face, les apprentis pourront trouver leur formation et leur entreprise. Il faut que nous arrivions à lever les blocages entre l’entreprise, le centre de formation et l’apprenti lui-même et ce, en lien avec tous les partenaires, notamment les Régions”, a expliqué Myriam El Khomri, qui a également avancé que le projet de loi de finances pour l’année prochaine pourrait voir les crédits alloués à la formation professionnelle revus à la hausse.

Quant aux trois concertations dédiées à l’apprentissage qui avaient été annoncées en mai dernier, lorsque François Rebsamen était ministre, elles sont toujours inscrites au calendrier. La première, consacrée au statut et à la rémunération des apprentis, devrait s’ouvrir ce mois de septembre.

Centre Inffo vous conseille également

Découvrez nos newsletters