Le maire de Hambourg et ancien ministre du Travail allemand Olaf Scholz.

L’apport des entreprises à la réussite du modèle allemand de formation par alternance

« Le système allemand de formation professionnelle des jeunes par alternance est célébré dans le monde entier. Par exemple, le président français François Hollande a dit « nous aimerions bien avoir ce système ». Voilà pourquoi nous organisons beaucoup de visites visant à faire découvrir notre modèle. » C’est avec ces mots que le ministre-président du länd de Hambourg, premier maire de cette cité-Etat du nord de l’Allemagne et ancien ministre du Travail de Gerhard Schröder de 2007 à 2009, a accueilli une délégation de l’Association des journalistes de l’information sociale, mercredi 16 novembre.

Par - Le 28 novembre 2016.

Héritée du compagnonnage médiéval, l’alternance a pris sa forme moderne au 19ème siècle, plus précisément en 1865 (voir notre article), lorsque les employeurs et les organisations syndicales se sont mis d’accord pour faire des entreprises les pivots de la formation des jeunes en Allemagne.

Plénipotentiaire de la République fédérale d’Allemagne en charge des affaires culturelles (lesquelles englobent aussi la formation professionnelle) dans le cadre du traité sur la coopération franco-allemand, Olaf Scholz loue l’implication des entreprises de son pays. « Il faut dépenser beaucoup d’argent pour former correctement les jeunes, c’est ce que font nos entreprises dont l’esprit de responsabilité à l’égard de leur mission de formation de la jeunesse ne s’est jamais démenti  », se félicite-t-il.

Condition essentielle de réussite, la transition entre l’école et l’apprentissage se déroule harmonieusement en Allemagne. « A 15 ans après le cycle court ou 16 ans après le cycle moyen (voir notre article), les élèves qui le souhaitent sont systématiquement orientés vers l’apprentissage. Pour que cela fonctionne, il faut diriger les jeunes vers les métiers qui leur correspondent, en prenant soin d’individualiser cet accompagnement demandant comment vont s’orienter, quels métiers ils veulent  », assure Olaf Scholz.

Avec en toile de fond une préoccupation essentielle, qui résonne aussi en France: réduire au maximum le nombre de salariés dépourvus de qualification. « D’ici à quelques années, ce chiffre devrait passer sous la barre des 10% de la main d’œuvre totale », espère le ministre-président.

Convaincu du lien étroit entre réussite économique et insertion sociale, Olaf Scholz cite l’alternance parmi les piliers du succès économique d’un pays placé au troisième rang des puissances exportatrices – derrière la Chine et les États-Unis, après avoir longtemps occupé le premier rang. « Le système de formation par apprentissage nous permet de disposer de salariés d’autant plus productifs et efficaces qu’ils sont bien formés », argumente-t-il. De quoi favoriser la fameuse qualité allemande. Dans la division internationale du travail, l’Allemagne privilégie la production à haute valeur ajoutée. Ainsi, à Hambourg, on ne construit plus de navires. Et les chantiers navals ont laissé la place aux bureaux d’étude.

« Mieux vaut concevoir les bateaux et les faire construire par d’autres, ces derniers sont fabriqués en Chine. Sachant que les entreprises chinoises mettent eux aussi de plus en plus l’accent sur la qualification de leur main d’œuvre, dans la mesure où les salariés des ouvriers bangladais ou vietnamiens sont désormais beaucoup plus compétitifs que les leurs  », analyse le maire de la cité hanséatique.[ 1 ]Au Moyen-âge, la ligue hanséatique était une association de villes marchandes du nord de l’Europe, situées à proximité des mers Baltique et du Nord.

A Hambourg, troisième port d’Europe résolument tourné vers l’Asie, mondialisation et formation sont indissociables.

Notes   [ + ]

1. Au Moyen-âge, la ligue hanséatique était une association de villes marchandes du nord de l’Europe, situées à proximité des mers Baltique et du Nord.

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