L’individu acteur : mythe ou réalité ?

Par - Le 05 février 2008.

En citant la célèbre phrase de l’humoriste Coluche : « Nous sommes tous égaux, mais certains plus que d’autres », Bruno Bertoli, chef de projet au FUP (Fonds unique de péréquation), l’animateur de l’atelier, a introduit le paradoxe suivant : l’individu doit prendre en main son parcours mais, ce faisant, se heurte à un environnement complexe et incertain. Force est de constater que la capacité d’évolution des individus est inégalement répartie.

L’atelier a organisé le débat autour de cinq témoignages de salariés décrivant leur expérience du changement, de celui d’une conseillère du Fongecif Rhône-Alpes et de celui du directeur du Fongecif Bretagne.
Le réseau des Fongecif a partagé son expérience, issue de 250 000 contacts et 95 000 entretiens réalisés chaque année avec des salariés.

Les points de vue convergent vers une première conclusion : pour que le salarié soit en capacité d’agir, il doit réunir quatre conditions :

 Oser devenir : ce qui suppose de la confiance en soi, d’accepter la remise en question et d’être prêt à affronter l’échec.

 Vouloir s’engager : ce qui suppose d’identifier ses motivations, le projet et son sens, mais aussi de mobiliser l’énergie suffisante.

 Savoir comment s’y prendre : ce qui suppose de connaître les langages, les règles du jeu et les procédures.

 Pouvoir mettre en œuvre : ce qui suppose d’assembler les étapes.

Pour relever le défi de ces quatre conditions, l’accompagnement prend tout son sens. Il suppose que le conseiller accepte de donner du temps, que le projet évolue dans le temps, voire n’aboutisse pas au résultat escompté. Dans un contexte où il s’agit de redynamiser, redonner confiance, la notion d’efficience apparaît au groupe plus pertinente que celle d’efficacité. Dominique Crochu, directeur du Fongecif Bretagne, propose de passer de la notion d’acteur à celle d’auteur interprète, c’est-à-dire celui qui joue la partition qu’il a composée. François Lennuyer, directeur adjoint du FUP, évoque quant à lui la terminologie d’actant.

La conclusion de l’atelier est revenue à Alexandre Lhotelier [ 1 ]Auteur de « Tenir Conseil. Délibérer ensemble afin d’agir », 2001, Editions Seli Arslan., pour qui « seul l’acte signe le sens ». Ainsi, pour tendre vers l’efficacité, il faut que l’acteur agisse et ne soit pas dépendant. L’enjeu du conseil est de restaurer le pouvoir de l’agir, de rendre l’environnement lisible dans et pour l’action.

Notes   [ + ]

1. Auteur de « Tenir Conseil. Délibérer ensemble afin d’agir », 2001, Editions Seli Arslan.

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