Acheteurs et prestataires doivent collaborer davantage pour garantir la qualité des formations

« Face à des temps qui se réduisent, à une pluralité de publics, aux évolutions liées aux territoires et aux modalités de financement complexes, aux dispositifs régulièrement revisités, comment répondre aux exigences d’efficacité, de productivité et d’efficience ? » Telle est l’une des questions cruciales auxquelles les professionnels de la formation ont tenté de répondre lors du colloque organisé, le 18 juin 2009 à Paris, par la Fédération de la formation professionnelle (FFP) en partenariat avec le Centre INFFO, le GARF, l’ AEF, l’ANDRH et le FFFOD, sur La qualité en mouvement.

Par - Le 19 juin 2009.

La qualité est un enjeu si important dans la formation qu’« une des choses que nous avons faites après la convention collective a été la mise en place, avec les pouvoirs public, les représentants des responsables de formation, des organismes collecteurs et des Régions, de l’Office professionnel de qualification des organismes de formation (OPQF). Ce qui témoigne de notre engagement en matière de professionnalisation et de qualité », a expliqué Jean Wemaëre, président de la FFP, qui se réjouit qu’« aujourd’hui, plus de 900 organismes de formation sont qualifiés OPQF » et qu’« un grand nombre des adhérents de son organisation soient certifiés ISO 9001 ». Selon lui, la qualité constitue « un enjeu très important » dans la prochaine réforme de la formation professionnelle. Il semble donc évident pour les professionnels de la formation d’échanger autour des enjeux que représente la qualité aussi bien pour les commanditaires que pour les prestataires, et surtout les contraintes auxquelles ils sont soumis.

Une des contraintes pour les collectivités territoriales, qui achètent annuellement jusqu’à 5 milliards d’euros de formation, est qu’elles doivent se conformer « aux règles de la commande publique », qui les obligent notamment à « fonctionner par appels d’offres », explique Marie-Laure Meyer, conseillère régionale d’Ile-de-France, selon qui « les contraintes du cahier des charges posent des problèmes en termes de qualité » des formations achetées par les collectivités.

Georges Malolepszy, directeur de Crepo, organisme de formation dont les actions de formation sont financées sur commande publique, reconnaît que « la systématisation des procédures d’achat par voie d’appels d’offres a distendu le lien entre les commanditaires et les prestataires de formation ». Car, en effet, tout fonctionnant à partir des cahiers des charges, « l’on valorise peu toute l’expertise et l’ingénierie [notamment pédagogique] dont disposent les organismes de formation », qui ont fait des efforts considérables en termes de professionnalisation de leurs équipes et pour accroître la qualité de leurs prestations. Et Georges Malolepszy de dénoncer la multiplicité des systèmes qualité, « ce qui devient ingérable et coûteux. Il faut mettre en place une démarche commune reconnue et applicable par l’ensemble des acteurs », a-t-il plaidé. Mais, a insisté Marie-Laure Meyer, « s’il y a multiplicité de labels, c’est dire qu’il n’y en a pas sûrement qui prennent suffisamment en compte l’ensemble des exigences. Il faut un travail collectif entre les différents acteurs pour améliorer à la fois les processus d’échanges afin d’avoir des cahiers des charges plus intelligents et de qualité ».

Former plus et mieux avec moins de moyens

« Un autre défi auquel nous sommes confrontés, c’est comment former plus et mieux avec moins de moyens », a indiqué Lydie Nègre, directrice de Langues et entreprises. Cette situation est « un paradoxe que nous devons dépasser », en donnant plus d’informations sur l’offre afin de permettre aux personnes de choisir avec plus de précision les formations qui répondent le mieux à leurs besoins, en adaptant les actions de formation aux exigences du temps.

Dans une situation de contraintes financières de plus en plus importantes, les Opca estiment elles aussi que le processus de qualité est essentiel. Car, a expliqué Yves Hinnekint, directeur d’Opcalia Ile-de-France, le souci des financeurs est d’acheter « plus et mieux avec le même budget ». Il est donc important pour les entreprises de « construire avec les Opca et aussi avec d’autres partenaires] des parcours de formation de qualité », a soutenu Corinne Deal, directrice formation groupe de [Générale de Santé, qui gère plus de 170 établissements hospitaliers privés, en France et en Italie. De même que les collectivités territoriales, qui, selon Marie-Laure Meyer, « auraient besoin d’être aidées par les prestataires pour rédiger nos cahiers des charges afin d’avoir des offres de qualité ».

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