Les demandeurs d’emploi partis en stage au Québec percevront désormais l’ARE

Par - Le 25 janvier 2011.

Frédéric Lefret, secrétaire général de l’Office franco-québécois pour la jeunesse (OFQJ), a décidé, pour cette nouvelle année 2011, de faire des demandeurs d’emploi sa priorité. Il a signé avec le directeur général de Pôle emploi, Christian Charpy, la convention “Renforcer ses compétences professionnelles au Québec” qui permet aux demandeurs d’emploi de conserver leur aide au retour à l’emploi (ARE) pendant leur stage.

“Pour se rendre au Canada, il faut prouver que l’on bénéficie de 700 euros d’indemnités mensuelles L’ARE sera un vrai plus pour les futurs stagiaires”, explique Frédéric Lefret. Si elle n’est pas suffisante, l’OFQJ – ou les Régions dans le cadre d’accords, comme c’est le cas avec l’Île-de-France – compléteront. “Nous sommes très satisfaits, car cette convention va dans le sens de notre objectif, à savoir rendre la mobilité la plus accessible possible.”

Le versement de l’ARE pendant le stage au Québec (qui peut durer de un à six mois), a été expérimenté en 2010 avant d’être généralisé à toute la France. “Désormais, toutes les agences Pôle emploi sont informées de cette possibilité de conserver ses indemnités et pourront en faire part aux demandeurs d’emploi.” La somme maximale que les jeunes doivent parfois verser de leur poche est de 150 euros.

L’année dernière, 5 000 jeunes sont partis en stage au Québec. Parmi les étudiants et les jeunes en emploi, 80 étaient apprentis, une centaine étaient suivis par des Missions locales, et 575 étaient demandeurs d’emploi. “Pour cette année, nous ne souhaitons pas augmenter le nombre de départs, car nous sommes de toute façon limités par les quotas, mais nous voulons renforcer le départ des demandeurs d’emploi, car l’expérience montre que 83 % des jeunes partis ont trouvé un emploi dans les six mois suivant leur retour en France”, précise Frédéric Lefret.

Et les demandes affluent encore plus depuis la crise : “Des jeunes trentenaires au chômage ont pensé qu’au lieu de subir la situation économique, ils pouvaient renforcer leur employabilité et leurs compétences en réalisant une mobilité internationale.”

Pour le secrétaire général de l’OFQJ, le Canada est particulièrement intéressant pour ce type d’expérience parce que “la culture des entreprises est anglo-saxonne : l’entreprise et le salarié peuvent se séparer du jour au lendemain. Mais nous donnons la chance aux personnes motivées et non à des CV. Il n’est donc pas nécessaire de venir d’une grande école ou de connaître déjà toutes les fonctions du futur poste. Les candidats sont mis à l’essai, nous les formons, et si cela fonctionne, ils restent”. D’ailleurs, 40 % des jeunes prolongent leur stage avant de rentrer.

L’engouement est tel que l’OFQJ met en place une certification “eurocompatible” sur les compétences acquises pendant le stage via des entretiens réalisés avant, pendant et après la mobilité.

En outre, d’ici juin 2011, une centaine de métiers bénéficieront d’un accord de reconnaissance mutuelle (ARM) par la France et le Québec, comme les deux pays s’étaient engagés à le faire en 2008 dans un accord. En décembre dernier, c’est une dizaine de professions supplémentaires qui ont bénéficié d’un ARM pour atteindre le chiffre de soixante-dix. “Le Québec constitue une réelle opportunité : un million d’emplois y sont ou seront à pourvoir d’ici 2016”, conclut Frédéric Lefret.

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