Boa Lingua invente le Dif en VO

Par - Le 27 février 2012.

« Il existe un préjugé qui voudrait que le Dif ne puisse servir qu’à des formations sur le sol français. Or, ce n’est pas le cas ! » Le Dif en VO plutôt qu’en VF? C’est le pari de Damien Augier, directeur de Boa Lingua France, organisme de formation spécialisé dans l’apprentissage des langues en immersion totale. Installée à Lyon depuis 2010, cette jeune PME est la première filiale française d’un organisme linguistique créé en Suisse alémanique en 1989. « Notre différence par rapport aux autres dispensateurs de formations linguistiques? Nous nous adressons uniquement à un public de salariés adultes, à qui nous proposons des parcours d’apprentissage individuels en fonction des objectifs de chacun » explique Damien Augier.

Une formule « à la carte » qui s’accorde bien avec ce dispositif qu’est le droit individuel à la formation, donc. Et pour apprendre au mieux l’une des dix langues au catalogue de Boa Lingua (anglais, espagnol, allemand, russe, mandarin, arabe, etc.[ 1 ]Actuellement, 80% des enseignements proposés concernent la langue anglaise.), l’organisme propose des séjours à l’étranger, idéalement d’une ou deux semaines, dans l’une de ses 250 écoles associées, en immersion linguistique complète. « Nous sommes un peu une agence de voyage à but éducatif » s’amuse Damien Augier lorsqu’il résume l’activité de son entreprise. Cependant, ces conditions d’apprentissage – et notamment le coût entraîné par des séjours en pays étranger – sont-ils bien en adéquation avec les 120 heures maximales de Dif qu’un salarié est susceptible d’avoir accumulé sur son compte-formation? « Nous ne comptons pas réellement les heures de Dif, mais plutôt les budgets qu’elles représentent pour l’entreprise », explique le directeur de Boa Lingua France. « Une heure de Dif équivaut à une somme comprise entre 10 et 15 euros. Ainsi, une soixantaine d’heures – soit deux semaines de cours – correspond à 900 euros… Partant de ce calcul, un salarié peut présenter sa demande de formation (hors temps de travail) à son employeur, que ce dernier peut compléter notamment pour financer une partie l’hébergement de son collaborateur ». Certes, mais les entreprises jouent-elles le jeu du complément de financement ? « Nous pouvons évaluer le nombre d’entreprises acceptant de financer à hauteur de la somme correspondante aux heures de Dif à un tiers et un autre tiers accepte d’investir davantage. Mais 80% de celles qui acceptent de prendre en charge une partie du séjour linguistique de leur salarié se font aider par leur Opca, voire par Pôle emploi ».

Immersion totale

Deux formules sont actuellement proposées par Boa Lingua: l’une destinée aux salariés, l’autre aux managers. La première généralement dispensée à des collaborateurs souhaitant approfondir leur niveau de langue, la seconde destinée à développer un vocabulaire spécifique (RH, marketing, etc.). « Les écoles qui organisent les séjours des apprenants mettent en place des activités en dehors des cours, d’ordre culturel, sportif ou ludique… le tout exclusivement dans la langue du pays, évidemment » précise Damien Augier. Et certains de ces instituts proposent même des séjours à thèmes, tel l’Accent International, situé dans le Devon, en Angleterre qui a développé un dispositif « cours + golf ». Alors, l’immersion totale au titre du Dif, une méthode qui marche? Indubitablement, pour le directeur de Boa Lingua France: « Depuis notre installation en France, nous comptons déjà plusieurs centaines d’apprenants. Beaucoup d’entreprises ont compris que ces séjours immersifs se révélaient beaucoup plus efficace et, à termes, moins onéreux, que des dispositifs e-learning dans lesquels leurs collaborateurs échangent avec un interlocuteur natif par webcam interposée  ».

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Notes   [ + ]

1. Actuellement, 80% des enseignements proposés concernent la langue anglaise.

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