L’agriculture fait campagne pour la formation des chômeurs

«7 stagiaires sur dix ne sont plus demandeurs d’emploi six mois après avoir suivi une formation Adema (accès des demandeurs d’emploi aux métiers de l’agriculture)», se félicitent de concert, le président (FNSEA) Jérôme Despey et le directeur Yves Honoré du Fafsea lors d’une conférence de presse au salon de l’agriculture, mardi 28 février.

Par - Le 29 février 2012.

« Cinq stagiaires sur dix sortent avec un contrat de travail et deux stagiaires sur dix poursuivent une formation », développe le président. « Depuis deux ans nous avons fait près de 4 000 Adema, et l’objectif est d’en faire 4 000 cette année», précise le président.

Au moment où le président de la République et le gouvernement insistent sur la nécessité de former les chômeurs, l’agriculture affiche ses résultats et fait campagne pour renforcer ses rangs : « Nous avons besoin de recruter 50 000 personnes en CDI et 800 000 saisonniers par an », précise ainsi le président de l’Opca. «Nous sommes une entreprise qui n’est pas délocalisable et c’est ce que nous répétons aux politiques qui viennent au salon de l’agriculture», ajoute-t-il.

Changer l’image de l’agriculture

L’agriculture veut également changer son image : celle des métiers pénibles et mal payés. « Nous sommes en déficit de salariés dans nos entreprises, il faut mettre en valeur l’excellence de nos métiers », témoigne un entrepreneur du paysage. « Le problème c’est que notre métier est bafoué par des gens qui font n’importe quoi. On ne vient pas juste jardiner ou faire de l’agriculture parce qu’on ne peut pas faire autre chose ». Et sur la question des salaires, cet entrepreneur dit «n’avoir pas à rougir ». Un stagiaire Adema, ancien traducteur et titulaire d’une maîtrise d’histoire dit gagner le SMIC. « Plus concrètement 500 euros de mois qu’avec mon ancien salaire».

Montée en puissance

« Depuis deux ans nous avons eu une augmentation de 85 % des contrats de professionnalisation alors que les autres secteurs connaissent une quasi stabilité», explique Yves Honoré. À l’issue d’un contrat de professionnalisation, 41 % des stagiaires sont embauchés (29% en CDI et 12% en CDD) selon une enquête Ifop de novembre 2011. Selon les employeurs qui n’ont pas embauché leur stagiaire, 40 % d’entre eux ont trouvé un emploi dans une entreprise du même secteur d’activité.

Autre dispositif qui devrait connaître une montée en charge cette année : la POE (préparation opérationnelle à l’emploi) collective et individuelle. « La POE collective sera lourde à mettre en place, car contrairement à des secteurs comme la grande distribution, pour réunir 100 salariés il faut aller voir autant d’entreprises… », indique Yves Honoré. 1 700 POE devraient être financées par le Fafsea en 2012.

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