Le tutorat, maillon fort entre ressources humaines et management

Par - Le 11 octobre 2013.

apprenti_et_tuteur_article-4.jpg

« Le tuteur crée du lien et il aide les jeunes à bien s’intégrer au sein de l’entreprise car leur première angoisse consiste à se demander s’ils seront à la hauteur », a indiqué Séverine Lacan, directrice générale d’Activ’partners, dans le cadre d’une matinée consacrée au tutorat, le 10 octobre. « Entre le management et les ressources humaines, il y a un espace vide qui doit être occupé par les tuteurs.

Leur rôle consiste à accueillir des stagiaires (élèves de troisième) et d’accompagner des jeunes en contrat de professionnalisation. Cette fonction permet aussi aux collaborateurs expérimentés de prendre du recul par rapport à leur métier et d’apporter de l’excellence du point de vue pratique », a-t-elle ajouté. Pour Annabelle Hulin, maître de conférences en gestion des ressources humaines à l’IAE (Institut d’administration des entreprises) de Tours, « la transmission des métiers va bien au-delà de l’idée de tutorat ». « Il s’agit d’un mixte entre le tutorat, le coaching et le mentorat. Les Compagnons du devoir, par exemple, forment à des métiers en pleine évolution et ils insistent sur l’importance de la confiance dans la transmission.

Cela veut dire qu’on aide quelqu’un à trouver sa propre façon d’opérer. Dans la transmission, il y a aussi l’idée de se mettre à la portée de l’autre et celle de renforcer l’appartenance à une entreprise ou à une collectivité ». Le tutorat recèle trois dimensions : identité professionnelle, technicité, et niveau de connaissances et de compétences. « Mais il doit donner du sens aux actions pour que les jeunes comprennent dans quelle culture ils s’inscrivent », a fait valoir Annabelle Hulin.

D’abord maçon dans une entreprise de construction (Campenon Bernard construction – CBC), filiale du groupe Vinci, Jean-Christophe Duchier est devenu au fil de sa carrière dans cette même entreprise directeur des travaux mais aussi maître bâtisseur, c’est-à-dire tuteur de tuteurs, et de jeunes embauchés et alternants. « J’ai été amené à transmettre les bons gestes à des maçons. Dans l’entreprise, n’est pas tuteur qui veut. En outre, la désignation d’office de tuteurs a été un véritable échec. Avant de prendre leur fonction, tous les tuteurs sont formés : ils apprennent à accompagner, à savoir se maîtriser, parler aux jeunes… », a témoigné Jean-Christophe Duchier, à la retraite depuis fin septembre.

« C’est une fonction qui demande de rester humble. J’ai toujours souhaité transmettre mon savoir et à partir de là, c’est facile. Par ailleurs, les jeunes sont très respectueux de ce qu’on est et de ce qu’on a vécu ». Des conflits de génération peuvent apparaître entre tuteurs et jeunes (stagiaires, jeunes embauchés ou en alternance), « faute d’une approche culturelle non commune, par exemple », mais « puisque notre terrain commun est le travail, tout s’arrange ». En guise de conclusion, Jean-Christophe Duchier a salué « les efforts réalisés depuis quelques années pour accompagner les jeunes dans les entreprises, car à mon époque cela était inexistant ».

Centre Inffo vous conseille également

Afnor