Les opérateurs de compétences se préparent à leurs nouvelles missions

Rédigé par . Publié le 01 février 2019. Mis à jour le 12 mars 2019.

Le paysage des futurs opérateurs n’est pas encore totalement stabilisé mais d’ores et déjà, les structures ayant été jugées cohérentes par le ministère du Travail adaptent leur organisation à la nouvelle donne. C’est le cas notamment de l’Opco Mobilités et de l’Opcommerce qui intervenaient, jeudi 31 janvier, lors de la 16ème édition de l’Université d’hiver de la formation professionnelle à Biarritz.

Il faudra encore attendre un peu pour disposer de la photographie complète des futurs opérateurs de compétences. Après un premier examen des treize dossiers déposés fin décembre, neuf demandes d’agrément ont été jugées cohérentes mais quatre doivent revoir leur copie. En conséquence, de nouvelles négociations vont s’ouvrir au sein des quelque 77 branches concernées par ces dossiers problématiques. Reste aussi à régler la situation des branches n’ayant désigné aucun opérateur. Elles seraient au moins une quarantaine selon la DGEFP. Sans compter, le cas des branches qui doivent justifier leur choix.

Dernières vérifications et discussions

En parallèle, un examen plus poussé des dossiers jugés en bonne voie est en cours pour « vérifier la validité des accords constitutifs et s’assurer qu’il n’y ait pas d’opposition », précise Guillaume Fournié, de la DGEFP. Dans le cas de branches invitées à rejoindre des opérateurs déjà stabilisés, des aménagements ne sont pas exclure. « Du fait de nos décisions, s’ouvrent d’autres chantiers et d’autres discussions », indique Guillaume Fournié. Ce n’est pas avant fin mars que le nouvel environnement sera complètement stabilisé.

Mais sur le terrain, les opérateurs ayant donné satisfaction à l’issue du premier examen commencent à se projeter dans l’avenir. A l’horizon 2021, les opérateurs vont perdre la collecte, opération qui était pour eux « l’occasion de recueillir des informations sur les adhérents », comme l’explique Patrice Omnes, en charge de la préfiguration de l’Opco Mobilités. D’où la nécessité de trouver d’autres moyens de connaître leurs adhérents. Les opérateurs sont aussi amenés à revoir leurs modalités de répartition des ressources issues de la collecte. Au sein de l’Opcommerce de nouvelles règles sont déjà entrées en vigueur. « Les fonds étaient auparavant répartis au prorata de la masse salariale de chaque branche », explique Philippe Huguenin-Génie, délégué général du Forco sur lequel s’appuie le futur Opco. Désormais, les fonds alloués au plan de développement des compétences des TPE-PME sont ventilés en fonction du nombre de salariés et dans le domaine de l’alternance, en fonction du nombre d’alternants dans la branche, explique le délégué général.

Certifications professionnelles et observatoires

En parallèle, les opérateurs de compétences doivent monter en compétences en matière de certification professionnelle. Sur ce sujet comme celui de la gestion prévisionnelle des emplois et des compétences (GPEC), les opérateurs ont en effet à apporter un appui technique aux branches professionnelles. « L’enjeu est de respecter ce qui a été fait dans les branches déjà dotées d’observatoires en les incitant à mutualiser leurs outils et de créer de nouveaux dispositifs pour les branches non encore équipées  », indique Patrice Omnes. Pour remplir cette mission d’analyse des compétences, « il nous faut avoir une approche plus prospective et décliner les études au niveau local », complète Philippe Huguenin-Génie.

Partenaires de formation

À l’avenir, les deux opérateurs estiment qu’ils auront à travailler de manière plus étroite avec les prestataires de formation. « Nous ne pourrons rien faire sur les territoires, si nous ne disposons pas d’une offre de formation répondant aux enjeux d’évolution de nos métiers », indique le délégué général du Forco. Faire connaître leurs besoins, simplifier les procédures de commande ou encore « construire une offre de certification attractive pour les organismes de formation » comme le suggère Patrice Omnes : autant de pistes de travail pour nouer des relations durables avec des prestataires qui doivent devenir, selon Philippe Huguenin-Génie, des « partenaires de formation. »

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