Michel Farhi, président des Chambres syndicales des formateurs consultants (CSFC)

Les chambres syndicales des formateurs consultants missionnées pour porter la réforme aux PME

Par - Le 17 août 2015.

Après une année particulièrement difficile pour les formateurs indépendants, la Délégation générale à l’emploi et à la formation professionnelle (DGEFP) vient de missionner les Chambres syndicales des formateurs indépendants (CSFC) pour communiquer sur la réforme au sein de leur réseau de PME clientes. L’opération devrait débuter à la rentrée de septembre.

“Année noire”…

Les formateurs indépendants, au cours de cette année de réformes, ont subi une baisse de leur chiffre d’affaires de près de 30 à 40 %. “Cela fait vingt ans que je suis dans la formation et je n’ai jamais observé une année aussi noire pour la formation…”, résume Michel Farhi, président de la Fédération des CSFC, qui rassemble quelque 200 professionnels indépendants.

En mai dernier, déjà, c’était la Fédération de la formation professionnelle (FFP) qui tirait la sonnette d’alarme sur la situation des organismes de formation (lire) confrontés à de nouveaux dispositifs (le compte personnel de formation, notamment) encore largement méconnus par les entreprises et les particuliers, leurs clients potentiels.

“Sur les 24 millions d’actifs que compte le pays, il n’y en a eu que 3,5 millions pour ouvrir un compte sur le site de la Caisse des dépôts et à l’heure actuelle, seuls 10 000 dossiers CPF ont donné lieu à contractualisation”, poursuit Michel Farhi.

Les Opca pointés du doigt

Mais la méconnaissance des nouvelles mesures n’explique pas, à elle seule, la baisse d’activité constatée par les formateurs indépendants. “Certains, parmi les petits opérateurs, vivent exclusivement de formations transverses ou de la sous-traitance”, explique le syndicat. Et, dans un contexte mouvant, ceux-là seraient victimes des pratiques “de quelques grands groupes pratiquant des marges arrières dignes de la grande distribution et de trop nombreux financeurs à l’attentisme mortifère.” Au premier rang desquels les Opca, accusés par les CSFC de jouer les écureuils. “Il en existe, parmi eux, qui pratiquent la rétention de fonds au lieu de s’engager sur le CPF, notamment auprès des PME et TPE”, regrette Michel Farhi.

Des Opca à qui les services du ministère du Travail ont dû rappeler, à deux reprises, l’urgence de signer les conventions d’objectifs et de moyens par lesquels ils s’engageaient à jouer le rôle de facilitateurs en anticipant sur l’éligibilité des listes des certifications accessibles au compte personnel de formation ou sur la définition de blocs de compétences issues de certifications déjà complètes inscrites au Répertoire national de la certification professionnelle (RNCP) sans attendre nécessairement leur refonte ou ré-ingénierie.

Si, à l’heure actuelle, tous les Opca ont effectivement procédé à la signature de leur convention, si le dispositif des listes a été assoupli (notamment en matière d’apprentissage des langues) et si plusieurs processus d’abondements conséquents ont été déployés tant par Pôle emploi que par les Conseils régionaux, les CSFC n’en regrettent pas moins le temps perdu. “Certains consultants de notre réseau - particulièrement ceux qui étaient actifs sur le Dif - ont perdu presque 80 % de leur chiffre d’affaires durant cette année et ont dû mettre la clé sous la porte”, déplore le président du syndicat.

Octobre-décembre, période-clé

Le 23 juillet dernier, d’ailleurs, une délégation des chambres syndicales étaient reçues par la DGEFP afin d’avertir cette dernière des retards d’application de la réforme du 5 mars 2014 et de leurs conséquences sur la profession. Une urgence, à en croire Michel Farhi : “Le plus gros volume d’activité des organismes de formation se fait sur la période octobre-novembre-décembre. Si rien n’est fait d’ici là, ça risque d’être dramatique”, prédit-il. Dans cette optique, justement, son syndicat a proposé ses services à la DGEFP pour déployer une communication spécifique en direction des PME et TPE dès la rentrée prochaine.

Les premières fiches pratiques, à l’attention des chefs d’entreprise, devraient être prêtes au mois de septembre. “On va essayer d’être incitatifs, dynamiques… et pas trop techniques”, assure le président de l’organisation syndicale. L’opération devrait entrer en résonance avec les communications prévues par les Direccte et le Copanef aux mêmes dates, afin d’informer entreprises et salariés sur la nouvelle donne formation issue de la réforme. “Il faut que la rentrée soit tonitruante”, résume Michel Farhi, “sans quoi, on court à la catastrophe.”

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