Alain Rousset, président de l'ARF, et Pascale Gérard, vice-présidente, le 5 mai © Hugues-Marie Duclos - ARF

Les Régions revendiquent la hausse de leurs dépenses en faveur de l’apprentissage

Par - Le 06 mai 2015.

Invitée à la future “réunion de mobilisation pour l’emploi” qui se tiendra le 12 mai prochain à Matignon, l’Association des Régions de France (ARF), a dévoilé mardi 5 mai, à l’occasion d’une conférence de presse, ses pistes de réflexion pour le développement de l’apprentissage.

Alain Rousset, président de la Région Aquitaine et de l’ARF rencontre mercredi 6 mai le président du Medef Pierre Gattaz pour parler apprentissage. Ce dernier affirmait, le 14 avril dernier, chiffres et cartes à l’appui, que les budgets primitifs 2015 des Régions en matière d’apprentissage accusaient un net recul (voir notre article).

La cartographie de l’Association des Régions de France

Mauvaise interprétation des chiffres, rétorquait hier Alain Rousset qui révélait sa propre cartographie indiquant, cette fois, une tendance à la hausse de l’investissement formation des Régions. “L’effort des Régions en faveur de l’apprentissage est en augmentation en 2015 par rapport à 2014 et ce, malgré la baisse des effectifs d’apprentis : + 1 % sur le fonctionnement, hors primes aux employeurs d’apprentis, + 3,8 % sur l’investissement”, assure l’ARF pour qui les chiffres avancés voici trois semaines par le Medef s’expliquent par la baisse des dotations d’État en matière de primes à l’embauche d’apprentis.

Selon les calculs de l’Association, les Régions sont plutôt bonnes élèves en matière de dépenses sur l’apprentissage. À l’exception de Midi-Pyrénées, de la Franche-Comté et des Pays de la Loire qui accusent effectivement des réductions budgétaires oscillant entre -1,5 et – 3 %, les autres maintiennent le cap, notamment en ce qui concerne les dépenses d’entretien et de rénovation des centres de formation (+ 125 millions en 2015). Avec des efforts particuliers consentis par la Lorraine, le Nord-Pas-de-Calais, la Picardie, la Corse ou le Limousin.

“L’appareil de formation des Régions est prêt si les entreprises sont au rendez-vous”

“Il existe un problème culturel en France, seules 3,5 % des entreprises accueillent des apprentis contre 20 % en Allemagne”, a observé le président de l’ARF. Et encore s’agit-il majoritairement de PME, voire de TPE. 70 à 75 % des apprentis français seraient recrutés par des structures de moins de 11 salariés.

En septembre dernier, lors de la Journée nationale de mobilisation, il avait d’ailleurs émis le souhait que le retour des primes à l’embauche (1 000 euros par apprenti recruté pour les entreprises de moins de 11 salariés) soient étendues jusqu’au seuil de 20 employés. “Il faut que le Medef fasse confiance aux Régions”, a plaidé le président de l’Aquitaine.

“Les Régions ont consacré d’importants efforts à la modernisation de leur appareil de formation, y compris pour des CFA comprenant des sections dotés d’effectifs très bas. Notre appareil est prêt si les entreprises sont au rendez-vous”, a pour sa part observé Pascale Gérard, vice-présidente de Provence-Alpes-Côte d’Azur et présidente de la commission formation de l’ARF.

Propositions pour relancer l’apprentissage

Le 12 mai, l’ARF ne viendra pas à Matignon les mains vides. Les Régions entendent se présenter à cette journée de mobilisation pour l’emploi porteuses de propositions susceptibles de développer l’apprentissage.

En premier lieu, puisque les primes aux entreprises pour l’embauche d’apprentis sont conditionnées à la signature d’accords de branche et que seule une dizaine d’entre elles se sont déjà engagées, l’Association compte demander un sursis d’un an pour les entreprises qui resteraient éligibles à cette prime même en l’absence d’accord. “Sans cela, on risque de connaître un creux à la prochaine rentrée de septembre…”, a annoncé Pascale Gérard. Une rentrée que l’ARF souhaiterait d’ailleurs voir étendue, offrant la possibilité aux apprentis de pouvoir entamer un cycle d’apprentissage au moins deux fois par an (en septembre et en juin) pour limiter le décrochage.

Autre proposition : étant donné que l’artisanat demeure le premier employeur d’apprentis (à près de 75 %), mais au vu des difficultés du secteur à mener des négociations de branche, les Conseils régionaux suggèrent qu’un seul accord national (négocié avec les chambres des métiers et de l’artisanat, l’Éducation nationale, l’État, les Régions, etc.) puisse remplacer les différents accords sectoriels.

Enfin, au vu de l’échec du baccalauréat professionnel en trois ans, l’ARF propose de supprimer ce dispositif “trop long pour les entreprises et les alternants” et le remplacer par un cycle d’études scindé en deux séquences respectivement d’un et deux ans.

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