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« Nous devons mobiliser le Plan d’investissement compétences de manière efficace » (Carine Seiler, à l’UODC)

Invitée à l’Université ouverte des compétences, la conseillère spéciale au Haut-Commissariat à la transformation des compétences a détaillé la stratégie de mise en œuvre du plan d’investissement compétences lancé par le gouvernement.

Rédigé par . Publié le 12 avril 2018. Mis à jour le 11 mars 2019.

Dans le cadre de ses amphis-débats, l’Université ouverte des compétences (UODC) recevait, ce mardi 10 avril à Paris, Carine Seiler, conseillère spéciale au Haut-Commissariat à la transformation des compétences [Auprès d’Estelle Sauvat, haut-commissaire.]], une instance récemment créée pour mettre en musique le volet compétences (14,6 milliards d’euros) du vaste [plan d’investissement gouvernemental de 50 milliards d’euros.

« Notre défi est de développer les compétences de nos compatriotes, notamment ceux qui sont les moins bien formés, dans une durée déterminée, c’est-à-dire les cinq années du quinquennat. En quelque sorte, il nous faut réaliser en cinq ans ce que l’on aurait accompli en sept à huit ans, sans ce budget supplémentaire. Nous devons mobiliser cet investissement de manière efficace », explique Carine Seiler. Elle rappelle que, ces dernières années, le marché du travail a été bouleversé par différentes révolutions : globalisation, transition numérique et écologique. Comme démontré par le Conseil d’orientation pour l’emploi, dans dix ans, 50 % des métiers auront changé, parfois de manière substantielle et 10 à 20 % d’entre eux disparaîtront. « Dans ces conditions l’obsolescence des compétences est un danger réel », prévient-elle. Elle précise que le Plan d’investissement compétences vise, d’une part, à former un million de jeunes peu qualifiés et un million de demandeurs d’emploi de longue durée faiblement qualifiés et, d’autre part, à transformer en profondeur l’offre de formation.

Une croissance inclusive

Si chacun se réjouit de la reprise économique, Carine Seiler espère que la croissance sera inclusive et qu’elle intégrera les précaires et les gens éloignés de l’emploi, tout en boostant la compétitivité de l’économie. « Nous devons améliorer notre système global de formation en testant de nouvelles approches et en accompagnant les innovations », plaide la conseillère spéciale. Elle souligne l’originalité de ce plan que le gouvernement veut ambitieux. « Auparavant il existait des plans annuels, des prêts d’urgence, mais pas de plans à long terme », explique-t-elle en précisant qu’en la matière, le Haut-Commissariat sera bel et bien le financeur mais pas le « faiseur » de ce plan d’investissement.

Outils numériques

« Nous ne serons pas dans une logique de guichet. Nous raisonnons sur des objectifs. Nous effectuerons des appels à projets », explique Carine Seiler. Le plan d’investissement compétences va promouvoir le recours aux outils numériques, la transparence, la qualité et le caractère innovant de l’offre de formation proposée aux demandeurs d’emploi, ainsi que l’adéquation entre l’offre de formation et les besoins en compétences des entreprises à court, moyen et long termes. « Nous allons mettre en place une application numérique du compte personnel de formation permettant à tous les salariés et les demandeurs d’emploi de consulter les droits figurant sur leur compte, les informations personnalisées et détaillées sur les offres d’emploi, les formations disponibles localement, l’inscription en formation et le financement de la formation », conclut Carine Seiler.

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