Muriel Pénicaud,ministre du Travail, le 30 janvier 2019 lors de l'ouverture de la 16e Université d’hiver de la formation professionnelle.

Ouverture de la 16e Université d’hiver de la formation professionnelle : avec le CPF monétisé, Muriel Pénicaud appelle les Français à prendre en main leur destin professionnel

À l’occasion de la première journée de l’Université d’hiver de la formation professionnelle, le 30~janvier à Biarritz, la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, a détaillé les principaux enjeux liés à la mise en œuvre du compte personnel de formation, dans le cadre de la loi relative à la liberté de choisir son avenir professionnel.

Par - Le 31 janvier 2019.

S’adressant le 30 janvier 2019 aux participants de la 16e Université d’hiver de la formation professionnelle, dans l’amphithéâtre de la Gare du Midi, à Biarritz, la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, a d’abord évoqué la genèse de la réforme. « Avec la loi Chaban promulguée en 1971, la France a longtemps eu une longueur d’avance sur le thème de la formation tout au long de la vie. Mais au fil du temps, le constat a été fait que notre système ne progressait plus dans ses ambitions », a exposé la ministre.

Compétences

Présente quelques jours auparavant au 49e Forum économique mondial de Davos, en Suisse, Muriel Pénicaud y a présenté la loi relative à la liberté de choisir son avenir professionnel devant 2 200 chefs d’État et de gouvernement et présidents des plus grandes entreprises mondiales. Lesquels ont souligné le caractère stratégique de la problématique des compétences, selon la ministre. « Le sujet compétences n’est pas un plus, il est indispensable de le traiter sérieusement si l’on veut éviter de laisser des pans entiers de la main-d’œuvre de notre pays dans un état de disqualification préjudiciable à l’emploi et aux personnes », a-t-elle insisté.

Paradoxe

Paradoxalement, le pays est confronté à la fois à un fort sous-emploi et à une pénurie structurelle de main-d’œuvre dans certains secteurs. À quoi s’ajoute un surcroît de tension sur le marché du travail lié à la reprise de l’emploi observée lors des derniers mois. « 20 % des jeunes sont au chômage et dans le même temps, des centaines de milliers d’emplois ne sont pas couverts », a pointé Muriel Pénicaud.

Monétisation

Concernant la monétisation du compte personnel de formation, Muriel Pénicaud a fait valoir que la France était l’un des deux seuls pays au monde à avoir mis en place un système de CPF. L’autre nation étant Singapour. La différence étant que ce pays asiatique a choisi d’accorder une somme de 500 dollars par an par salarié, versée en une seule fois. Contre 500 euros par an à concurrence de 5 000 euros en France (et 800 euros par an pour un maximum de 8 000 euros pour les plus bas niveaux de qualification).

Destin

« Nos concitoyens veulent être dans le siège du conducteur, le compte personnel de formation monétisé répond à cette logique. Le fait de choisir son destin permet de faire des choix qui vous concernent et de ne pas être dépendant », a assuré la ministre. Laquelle fonde de grands espoirs sur l’effet entraînant de l’application mobile CPF, lancée par la Caisse des dépôts à l’automne prochain. « 26 millions d’actifs auront accès à leurs droits, ils auront vraiment l’impression de décider par eux-mêmes, tout en ayant la capacité de négocier des abondements avec leur entreprise. Le pari sera aussi gagnant pour ces dernières », a complété Muriel Pénicaud devant les 1 200 participants de l’Université d’hiver de la formation professionnelle.

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