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Plan “500 000 formations” : les Régions prêtes à s’impliquer en échange de compétences accrues sur l’emploi

L’exécutif et les nouveaux dirigeants des collectivités régionales se sont rencontrés le 2~février à Matignon, puis à l’Élysée, pour envisager les contours du plan “500~000 formations”. Un document à paraître sous deux à trois semaines devrait définir les engagements de toutes les parties. Plusieurs expérimentations sur le pilotage du service public de l’emploi par les régions ont également été envisagées.

Par - Le 03 février 2016.

Sur les 18 présidents d’exécutifs régionaux et territoriaux (de métropole et d’outre-mer) que compte désormais la France après la réforme de la régionalisation, 15 ont répondu présent à l’invitation de François Hollande et Manuel Valls, en vue du plan de mobilisation pour l’emploi lancé en janvier dernier par le chef de l’État (lire). Manquaient à l’appel les Régions Auvergne-Rhône-Alpes et Corse dont les dirigeants avaient annoncé leur intention de boycotter cette réunion, ainsi que Mayotte, dont le président n’a pu faire le déplacement.

De fait, pour le président et son Premier ministre, cette réunion du 2 février était également l’occasion de jauger l’implication et la mobilisation des nouveaux conseils régionaux – dont une majorité a basculé à droite et au centre à l’issue des élections de décembre dernier – dans le plan “500 000 formations” promis par François Hollande en début d’année, à l’occasion de ses vœux devant les acteurs de l’emploi et de l’entreprise au Conseil économique, social et environnemental.

À l’époque, trois présidents de Régions (Valérie Pécresse pour l’Île-de-France, Christian Estrosi pour Provence-Alpes-Côte d’Azur et Laurent Wauquiez pour Rhône-Alpes-Auvergne) avaient exprimé une fin de non-recevoir au projet présidentiel ou, dans le cas francilien, sérieusement conditionné la participation de leur région au volet financier du plan (notre article).

L’ARF engagée dans le plan

Toutefois, mardi, sur le perron de l’Élysée, à l’issue du déjeuner au cours duquel François Hollande recevait les 15 dirigeants régionaux, c’est un discours apaisé qu’a tenu Philippe Richert, président du Conseil régional d’Alsace-Champagne-Ardenne-Lorraine et de l’Association des Régions de France (ARF). “Nous voulons montrer que nous sommes très nettement engagés dans ce plan des 500 000 formations en direction des demandeurs d’emploi aux côtés de l’État et des partenaires sociaux”, a-t-il indiqué. À condition, cependant, que parmi les acteurs impliqués dans cette politique, les régions soient clairement identifiées comme les pilotes de l’opération.

“La France est désormais un pays décentralisé. À côté des objectifs nationaux, il est nécessaire de tenir compte des réalités territoriales pour gagner en efficacité et faire en sorte que les régions et l’État s’entendent au mieux pour unifier le processus de commande de ces 500 000 formations, permettre aux Conseils régionaux de piloter le service public d’accompagnement vers l’emploi et renforcer le rôle des exécutifs régionaux dans l’accompagnement ciblé des PME et des ETI créatrices d’emploi. Et ce travail, il faut le réaliser petit territoire par petit territoire”, a expliqué Philippe Richert.

Pas de régionalisation de Pôle emploi, mais des expérimentations du pilotage régional du SPE

De son côté, l’État se dit prêt à renforcer les pouvoirs régionaux dans la chaîne orientation-formation-emploi. Si le sujet de la régionalisation de Pôle emploi n’a pas été évoqué lors de cette réunion du 2 février, Manuel Valls n’en a pas moins évoqué une “nouvelle donne” État-Régions”.

“Il faut faire confiance à la proximité, au terrain”, a souligné le Premier ministre, appelant à une “pleine application de la loi NOTRe” qui étend le pouvoir régionaux sur les acteurs du service public de l’emploi (missions locales, réseaux des Cap emploi, Maisons de l’emploi, plans locaux pour l’insertion et l’emploi, etc.).

À cet effet, les services de l’État et ceux des Conseils régionaux devraient être amenés à plancher ensemble sur un document relatif aux responsabilités des Régions en matière de formation professionnelle, d’emploi, d’apprentissage et de développement économique. Ce document devrait voir le jour d’ici deux à trois semaines et préciser également les contours du plan “500 000”. D’ici là, une nouvelle réunion concernant ce projet a été planifiée au 18 février en présence, cette fois, des partenaires sociaux.

Paca candidate pour l’expérimentation

“Il faudra voir jusqu’où les régions sont prêtes à aller dans le pilotage des politiques de l’emploi et pour cela, nous sommes prêts à nous lancer dans quelques expérimentations sur le terrain”, a expliqué Philippe Richert.

D’ores et déjà, son homologue de Paca, Christian Estrosi, a signifié son intention de s’inscrire dans ces expérimentations. “Je ne demande pas la régionalisation de Pôle emploi, mais de pouvoir expérimenter le pilotage régional des politiques de l’emploi”, a précisé le maire de Nice. Un pilotage qui, en Paca, passerait par le rassemblement des différents acteurs de terrain (Plie, Missions locales, etc.) en un seul guichet unique co-construit avec Pôle emploi et qui devrait voir le jour en avril 2016.

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