Remise du rapport de Bruno Mettling, le 15 septembre. © Ministère du Travail - Dicom - Jacky-Didier Frenoy

Rapport Mettling : miser sur la formation pour accompagner la transition numérique

Par - Le 16 septembre 2015.

Après la remise attendue du rapport Combrexelle au Premier ministre la semaine dernière, au tour du rapport Mettling[ 1 ]“Transformation numérique et vie au travail”, rapport commandé par François Rebsamen en mars 2015 afin d’examiner la question de l’effet de la transformation numérique sur le travail., du nom du directeur des ressources humaines du groupe Orange, Bruno Mettling. Mardi 15 septembre, la nouvellement nommée ministre du Travail, Myriam El Khomri, recevait des mains de ce dernier des préconisations visant à assurer la transformation numérique dans le monde du travail.

L’occasion pour elle de préciser que cette question du numérique figurera en bonne place dans les discussions à venir avec les partenaires sociaux lors de la conférence sociale du 19 octobre. “Je souhaite d’ailleurs que la question du numérique et de ses conséquences sur l’organisation du travail soit abordée avec les partenaires sociaux à l’occasion de la conférence sociale qui aura lieu le 19 octobre prochain. Cela pourrait faire l’objet d’un débat en séance plénière et d’une déclinaison ensuite dans les tables rondes, qu’il s’agisse de celle dédiée au compte personnel d’activité, à la transition écologique ou à l’avenir de nos filières et de nos métiers.”

La formation numérique : une priorité ministérielle

Un constat clair tout d’abord, souligné par la ministre : “Le numérique a profondément transformé nos univers professionnels – et cela dans un temps record. Nous avons beaucoup parlé d’« ubérisation » de l’économie et des plateformes collaboratives. L’impact est plus profond et s’est diffusé à tous les pans de la société. Son irruption massive bouleverse profondément les relations du travail.”

Suite à ces observations, Myriam El Khomri souhaite entre autres concentrer ses efforts sur les questions de formation. “L’enjeu est énorme : nous avons potentiellement un levier d’exclusion massive ; ceux qui n’auront pas su adapter leurs compétences seront fragilisés sur le marché du travail. Et comme souvent, ce seront les moins qualifiés, les plus âgés ou les femmes qui seront les plus exposés à cette transformation du marché du travail. Comme vous le soulignez dans votre rapport, la formation numérique de tous est indispensable : ce sera une de mes priorités.”

Développer l’éducation au numérique

En effet, l’une des pistes étudiées dans le document dévoilé rue de Grenelle concerne le développement de l’éducation au numérique tant dans la formation initiale que dans la formation continue. L’auteur appelle à une mobilisation des moyens de formation pour accroître la culture du numérique dans le monde de l’entreprise et à toutes les échelles en permettant une éducation continue sur le sujet.

De plus, il préconise le lancement d’une consultation dans les branches pour mesurer les besoins de formation. “Une période de six mois pourrait ainsi être allouée aux partenaires sociaux pour faire remonter les besoins spécifiques intersectoriels et sectoriels ; ils pourraient ensuite bâtir, dans une logique collaborative avec le ministère du Travail, un cahier des charges visant à préciser l’articulation de l’effort d’éducation numérique.”

Mobiliser les acteurs du numérique

Bruno Mettling propose également de confier une mission temporaire de coordination d’une mobilisation des acteurs du numérique pour accompagner la transformation numérique à la Banque publique d’investissement.

“La transformation numérique appelle à une véritable mobilisation des grandes entreprises, start-up et monde académique. Si les grandes entreprises peuvent apporter leurs plateformes de développement (outils de calculs, base de données, plateformes d’éducation numérique…) dans une logique d’“open innovation” au profit du monde académique comme des start-up, le monde académique peut apporter sa force de recherche (enseignants-chercheurs), tout comme ses étudiants. Ceci doit contribuer à combler notre déficit en compétences numériques.”.

Miser sur les formations de reconversion

Enfin, dans le souci d’inscrire la transition numérique au cœur de la transversalité des métiers, le rapport met l’accent sur les formations de reconversion pour s’adapter aux nouveaux métiers induits par la recrudescence du numérique.

“Le numérique modifie à grande vitesse les compétences dans tous les métiers, qu’ils soient manuels ou intellectuels. Des fonctions sont appelées à disparaître, d’autres à se transformer. Ce rapport n’est pas pessimiste, des dizaines de milliers d’emplois vont se créer pour remplacer ceux qui vont disparaître. Mon enjeu est d’aider les actifs de notre pays à réussir cette mutation”, comme l’indique la ministre.

Notes   [ + ]

1. “Transformation numérique et vie au travail”, rapport commandé par François Rebsamen en mars 2015 afin d’examiner la question de l’effet de la transformation numérique sur le travail.

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