Emmanuel Macron

Réforme de l’apprentissage : simplifier le système et renforcer le rôle des branches

Venu inaugurer, mercredi 4 octobre 2017, les nouveaux locaux de l’École d’applications aux métiers des travaux publics (EATP) à Égletons en Corrèze, le président de la République Emmanuel Macron a fourni quelques indications sur les solutions à mettre en œuvre pour faire de l’apprentissage «~une filière d’excellence~».

Rédigé par . Publié le 06 octobre 2017. Mis à jour le 11 mars 2019.

C’est à l’École d’applications aux métiers des travaux publics (EATP) d’Égletons en Corrèze que le chef de l’État a choisi de donner le coup d’envoi de la deuxième étape de ses réformes sociales : celle de l’apprentissage et de la formation professionnelle. Cet établissement qui vient de bénéficier d’une rénovation complète – un investissement de près de 37 millions d’euros de la part de l’État, de la Région et d’organisations professionnelles – affiche, en formation professionnelle initiale et en alternance, un taux d’insertion de 90 %.

Une des raisons de ce succès ? La collaboration des professionnels du secteur. « C’est extrêmement important d’avoir une école qui réagit en permanence aux besoins d’une profession qui évolue », témoigne Bruno Cavagné, président de la Fédération nationale des travaux publics (FNTP).

Rôle central des branches

Renforcer le rôle des entreprises est l’une des pistes que le gouvernement compte explorer pour réformer l’apprentissage. Les branches professionnelles doivent avoir « un rôle central dans l’élaboration des enseignements », a indiqué Emmanuel Macron, à Égletons.

Comment impliquer davantage les entreprises « dans la définition des besoins de demain, dans la construction des diplômes et des qualifications, dans l’orientation, dans le développement de l’apprentissage ? » Autant de questions qui seront évoquées dans le cadre des concertations à venir, a confirmé la ministre du Travail, Muriel Pénicaud. Ces concertations débuteront le 12 octobre 2017, date à laquelle le président de la République rencontrera les numéros un des organisations syndicales et patronales.

Des freins à lever

Mais pour faire de l’apprentissage « une filière d’excellence » comme le souhaite le président de la République, « il faudra lever une série de freins et de verrous », selon Muriel Pénicaud. Redorer l’image de l’apprentissage et de la formation professionnelle initiale fait partie des priorités, selon le chef de l’État interpellé par un étudiant confronté pendant sa scolarité à des personnes, y compris son conseiller d’orientation, ayant tenté de le dissuader de devenir conducteur d’engins.

Lutter contre l’idée que « les métiers qui passent par l’alternance et l’apprentissage sont des sous-métiers », réformer l’orientation, mais aussi « créer des passerelles » entre les différentes filières seront des armes dans la « bataille culturelle et organisationnelle » qu’entend livrer le gouvernement.

Simplifier le financement et les contrats

La simplification des dispositifs et la qualité des formations auront aussi une place importante dans les concertations à venir en matière d’apprentissage et de formation professionnelle. « Nous devons simplifier les circuits de financement parce qu’ils sont trop nombreux et qu’ils se cannibalisent, simplifier les contrats » et instaurer davantage « d’équité », a affirmé Emmanuel Macron, en réponse aux critiques sur les disparités de rémunération et d’aides financières accordées aux jeunes du même âge préparant un diplôme identique mais sous des statuts différents, apprentissage d’un côté et contrat de professionnalisation de l’autre.

De manière plus générale, « il faut passer d’un modèle administré de la formation où il y a beaucoup trop d’acteurs », à un système simplifié, « tiré vers la qualité, et évalué de manière transparente », a encore indiqué Emmanuel Macron.

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