SAVOIR-FAIRE – Congé individuel de formation – Comment réussir son retour dans l’entreprise

Inffo formation n° 867 – 1er-14 décembre 2014 – Knock Billy

Par - Le 01 décembre 2014.

Le retour d’un congé individuel de
formation (Cif) constitue souvent
un casse-tête pour les managers.
Comment réintégrer l’entreprise
dans de bonnes conditions après
une longue absence ?

“Si le départ en Cif est un projet
individuel, il doit être avant tout une
co-construction entre le salarié et
son employeur. Il doit donc faire
l’objet d’une préparation en amont,
d’un accompagnement pendant la
formation et d’une aide au retour”,
indique Alix Foulard, psychologue,
coach, responsable pédagogique
au Cnam et membre du comité
éditorial du Journal des
psychologues. Car, conseille-t-elle,
“un départ en Cif ne doit pas se faire
sur un coup de tête”.

Selon la coach, s’il ne s’inscrit
pas dans une perspective de
reconversion, le projet de Cif doit
être en adéquation avec les
attentes de l’entreprise. “C’est
pourquoi l’employeur doit se mettre
à l’écoute du salarié et être en
mesure de lui dire si son aspiration
a un devenir.”

Une telle attention conditionne
l’efficacité de la réintégration du
collaborateur. C’est de la
responsabilité de l’employeur de
proposer des opportunités
d’évolution. “Il ne doit pas percevoir
le salarié de retour de Cif comme un
futur démissionnaire. Certes, il peut
avoir une certaine méfiance. Mais,
grâce à un dialogue et à des
échanges mutuels, les parties
prenantes pourront mettre à profit
les acquis de la formation pour,
d’une part, la satisfaction
personnelle et professionnelle du
salarié et, de l’autre, la performance
économique (voire sociale) de
l’entreprise. Il est important que tout
cela soit clarifié avant le départ du
salarié en Cif”, conseille la coach.
Qui déplore que “peu d’employeurs
se prêtent à ces préliminaires”.
Parallèlement, poursuit Alix Foulard,
“ce n’est pas une bonne méthode,
pour le salarié, que de se couper de
son entreprise pendant son Cif”. Elle
lui conseille d’“annoncer son retour
quatre mois avant la fin de sa
formation, en montrant à son
employeur les connaissances
acquises et comment elles peuvent
être mises au service de son
entreprise, que ce soit à son poste
actuel ou à un autre poste”.
Procédant ainsi, il “incite à réfléchir
à une adaptation à ses nouvelles
capacités. Un employeur ne peut
rester indifférent à de nouvelles
compétences et à la motivation
de ses collaborateurs”.

Ce qui est merveilleux dans le Cif,
soutient-elle, “c’est de permettre à
un salarié de créer un
environnement de performance de
tous ordres, aussi bien pour
l’entreprise que pour le
collaborateur lui-même. Car, selon
son ancienneté dans l’entreprise et
sa motivation, le salarié saura être
une véritable valeur ajoutée”.

Attention : “Avoir bénéficié d’un
Cif ne constitue pas un privilège
automatique d’évolution
professionnelle par rapport aux
autres collègues, mais une
opportunité non négligeable.
À condition d’avoir bien préparé
en amont son retour dans
l’entreprise après la formation.” •

LE CIF N’EST PAS QU’À LA SEULE INITIATIVE DU SALARIÉ

Le Cif salarié évoque souvent ces employés dont le projet est de quitter leur
entreprise. Mais se lancer dans une formation “de longue durée, très
chronophage et énergivore”, peut aussi être porteur de volonté d’évolution
professionnelle au sein de son entreprise ou de son service. “Nombre
d’employeurs encouragent leurs salariés à se lancer dans un tel projet en
vue de les préparer à de nouvelles responsabilités. Ils y mettent les moyens
nécessaires pour faciliter la réussite du projet”, indique Alix Foulard. Qui
précise : “Quand les intérêts de l’entreprise et du salarié convergent,
le Cif devient un solide outil de promotion professionnelle et sociale.”

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