Courbebaisse

Par - Le 15 novembre 2003.

Inffo Flash : L’article 13 du projet de loi présenté en Conseil des ministres le 19 novembre dernier reprend la configuration de l’ANI pour le contrat de professionnalisation, contrat sur lequel la FFP avait déjà émis des réserves. Comment réagissez-vous ?

Pierre Courbebaisse : Nos inquiétudes subsistent puis-que le projet de loi prévoit, comme l’accord du 20 septembre, que les publics et la nature des qualifications visées relèvent d’un accord collectif de branche ou des partenaires sociaux des Opca interprofessionnels. Si la FFP a souhaité dès 1996 qu’un dispositif unique d’alternance remplace les trois contrats, une période de transition lui semble nécessaire pour les jeunes, les familles et pour les entreprises.

En effet, les besoins des branches professionnels sont essentiels, mais un financement interprofessionnel de l’alternance est important pour répondre aux besoins socio-économiques des territoires. Les PME et TPE sont très demandeuses et utili-satrices de compétences transversales. Ces dernières se développent en plus au début de l’activité professionnelle des jeunes. Ils seront pénalisés si toute possibilité de formation diplômante est strictement liée à une spécialisation. L’interprofessionnel a longtemps été dominant dans l’alternance mais, avec le contrat de professionnalisation, l’accord national interprofessionnel crée un fort déséquilibre en sens inverse. Chaque année les 60 000 demandes des jeunes et des entreprises pour des contrats diplômants risquent également de ne pouvoir être satisfaites.

Par ailleurs, l’expérience montre que 2 ou 3 ans sont nécessaires aux entreprises et au public pour s’approprier une nouvelle mesure, d’où l’intérêt d’éviter un changement trop brutal et activer une communication “terrain”.

Inffo Flash : Comment pensez-vous accompagner les organismes de formation pour la mise en place de ce nouveau contrat ?

Pierre Courbebaisse : La FFP a défini une stratégie d’appui auprès de ses adhérents dans le cadre de ce nouveau contrat. Elle aidera les organismes de formation, plutôt habitués à se positionner en terme de dispositifs, à inscrire leurs pratiques dans des logiques des branches professionnelles.

Elle interviendra aussi pour que les organismes maintiennent une offre de formation diplômante aux niveaux régional et local, en particulier à travers une plus grande implication de l’offre privée de formation dans les contrats d’apprentissage.

Enfin, la fédération proposera que l’expérience acquise dans l’accompagnement des jeunes et le savoir faire développé en matière de recrutement soient réutilisés.
La FFP souhaiterait que la loi soit complétée, notamment, sur la transparence des fonds tant au niveau de la collecte et de leur utilisation que des garanties d’égalité de traitement entre offreurs.

D’autres mesures pourraient être envisagées :

  • publicité des comptes au niveau national et régional ;
  • informations sur les conditions de prise en charge des formations…

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