52 millions d’euros pour la formation en Nouvelle-Aquitaine

À l’occasion d’un séminaire consacré au recrutement et à la formation lundi 22 janvier en Gironde, la haut-commissaire à la transformation des compétences Estelle Sauvat a annoncé un investissement de 52 millions d’euros dans la formation professionnelle cette année et d’un demi-milliard sur 5 ans en Nouvelle-Aquitaine.

Par - Le 23 janvier 2018.

52 millions d’euros dès le mois de février, puis 459 à 573 millions sur quatre ans, de 2019 à 2022 : voilà en quoi consistera l’engagement financier de l’État pour la formation en Nouvelle-Aquitaine. C’est ce qu’a annoncé la haut-commissaire à la transformation des compétences lundi 22 janvier lors d’un déplacement en Gironde.

11 500 puis 60 000 formations

Cet investissement permettra de financer 11 500 formations de plus cette année, puis 60 000 autres d’ici 2022. Il représente plus du double de ce qu’avait annoncé Estelle Sauvat pour la Bretagne (lire notre article), quatre jours plus tôt (22 millions en 2018, 247 ensuite), soit à peu près l’écart entre les populations bretonne (3,28 millions d’habitants) et néo-aquitaine (5,9 millions).

La haut-commissaire a par ailleurs précisé que le montant exact de l’investissement auquel l’État consentira entre 2019 et 2022 dépendra de la capacité de la Région à utiliser ces fonds de manière efficace, c’est-à-dire que des « objectifs » et des «   cibles » lui seront assignés, sans que les détails soient pour l’instant connus. Ils seront détaillés dans le pacte régional de développement des compétences, déclinaison du Plan développement compétences (Pic), pour lesquels Estelle Sauvat a demandé au Cnefop [Conseil national de l’emploi, la formation et l’orientation professionnelles[/footnote] d’établir un document d’élaboration et de suivi (lire notre [article).

Poursuivre l’expérience du territoire

« Ces annonces sont très importantes et vous n’entendrez aucune critique de ma part sur ce point, a réagi Alain Rousset, président de la région Nouvelle-Aquitaine. Cet effort de la part de l’État va nous permettre de poursuivre l’expérience particulière menée sur notre territoire. Celle-ci partait d’un constat : nous n’arrivions pas à faire embaucher, à enrayer le chômage, à accompagner correctement les entreprises. Nous avons multiplié les initiatives pour que les acteurs se parlent et que nous puissions redonner des qualifications à des personnes éloignées de l’emploi. Nous avons donc concentré nos efforts, et nous continuerons de le faire, sur la formation. »

Des résultats spectaculaires

C’est précisément lors de l’un de ces temps forts, un séminaire consacré au recrutement et à la formation, que ces annonces ont été faites. Organisé à Pessac, près de Bordeaux, cet événement a permis de mettre en valeur des initiatives locales jugées particulièrement pertinentes. Parmi celles-ci, une expérience conduite à Limoges, présentée par le directeur de la maison de l’emploi de la ville, Mustafa Gursal. « Nous travaillons, d’une part, avec des demandeurs d’emploi en reconversion qui sont intéressés par une formation en alternance mais ne trouvent pas d’entreprise susceptible de les accueillir. Et d’autre part avec des personnes de plus de 45 ans freinées, dans leur recherche, par leur âge. » Au programme, quatre semaines de formation dédiées à la compréhension des outils de recherche d’emploi, à la meilleure manière de se comporter en entretien puis à des démarchages concrets d’employeurs. Avec des résultats spectaculaires : « trois mois après ces formations, entre 70 et 80 % des demandeurs ont retrouvé un emploi, a minima un CDD de trois mois », se félicite Mustafa Gursal. C’est ce type d’initiatives que la Région souhaite encourager. Les fonds que l’État s’apprête à lui allouer devraient largement y contribuer.

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