61 %

Par - Le 13 décembre 2017.

Le groupe Alpha, et Secafi, sa filiale spécialisée dans l’expertise et le conseil auprès des instances représentatives du personnel (IRPP), ont ouvert, lundi 11 décembre à Paris, une série de trois rendez-vous dédiés à la réforme de la formation professionnelle. À l’occasion de cette première session, une enquête a été réalisée auprès des représentants du personnel. Deux résultats marquants interpellent. Seuls 15 % des élus interrogés s’estiment suffisamment outillés pour accomplir leur mandat sur la formation et 61 % d’entre eux jugent que la formation devrait faire l’objet de négociation dans l’entreprise.

Manque de connaissances juridiques

Ce n’est pas le premier des paradoxes mis en lumière par cette enquête. Alors qu’une grande majorité des représentants du personnel utilisent les dispositifs de formation pour eux-mêmes, ils considèrent pourtant n’avoir qu’une faible culture juridique du sujet. Ainsi, 71 % ne connaissent pas la loi du 5 mars 2014, 69 % d’entre eux ne connaissent pas les représentants de leur organisation syndicale au sein des Opca et 70 % ne connaissent pas leur accord de branche sur la formation. Pour autant, ils sont 69 % à avoir ouvert un compte personnel de formation (CPF) et 55 % à avoir suivi une formation dans l’entreprise.

Autre frein évoqué, la procédure de consultation jugée peu efficiente. Les deux tiers des élus disent ne pas disposer d’informations suffisantes et les trois quarts d’entre eux estiment que l’agenda et le thème de la formation sont mal articulés avec les autres thèmes soumis à la consultation. Conséquence : les représentants du personnel communiquent peu auprès des salariés sur leurs droits à la formation (26 % le font sur le conseil en évolution professionnelle) et ils ne sont que 23 % à recenser leurs besoins.

Des pistes attendues

Selon l’enquête de Secafi, les élus ont pourtant bien conscience de l’importance de la formation dans des entreprises en pleine transformation numérique et organisationnelle. 60 % d’entre eux considèrent ainsi que les moyens consacrés à la formation ne sont pas adéquats et 70 % que le taux de formation n’est pas suffisant. Analysant ces résultats, Pierre Ferracci, président du groupe Alpha, insiste sur la nécessité de faire entrer la formation professionnelle dans le champ de la négociation: «Je suis pour les droits individuels mais accompagnés par une démarche collective dans les entreprises. Il faut être logique. Si nous pensons que la formation est cruciale alors le plan de formation doit faire l’objet d’une négociation. » Une position que nuance la CFE-CGC présente lors des débats : «Les négociations ne devraient pas porter sur la totalité du plan de formation mais sur des thématiques comme les formations de développement personnel, l’abondement au CPF ou encore la gestion prévisionnelle des compétences », a déclaré Jean-François Foucard, son secrétaire national, qui négocie actuellement la réforme de la formation professionnelle.

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