Des parcours de formation individualisés pour favoriser l’intégration des réfugiés (rapport Taché)

Services d’orientation professionnelle renforcés et parcours de formation individualisés font partie des 72 propositions du député du Val d’Oise Aurélien Taché (LREM) destinées à favoriser l’insertion des personnes immigrées. Son rapport «~pour une politique ambitieuse d’intégration des étrangers arrivant en France~», vient d’être remis au Premier ministre alors que doit être présenté en conseil des ministres, ce mercredi 21 février, le projet de loi «~asile et immigration~».

Par - Le 21 février 2018.

Dans son rapport, Aurélien Taché estime qu’il faut renforcer l’apprentissage du français (400 heures au lieu de 200 actuellement) et repenser la formation civique dans le cadre du contrat d’intégration républicaine (CIR). Mais il propose aussi que ce processus dans lequel s’engagent les étrangers ayant obtenu un titre de séjour, intègre très en amont des services d’orientation vers la formation et l’emploi.

Entretien d’orientation professionnelle

Au cours du contrat ou à la fin, en fonction des besoins et du diagnostic effectué par les auditeurs de l’Office français de l’immigration et de l’intégration (Ofii), un entretien plus approfondi correspondant au niveau 2 du conseil en évolution professionnelle (CEP) pourrait être organisé. Le député propose que ce service plus complet qui donnerait lieu à la remise d’un document ainsi que la formation des auditeurs de l’Ofii à la conduite des entretiens préliminaires soient confiés à l’Afpa.

Le rapport du député du Val d’Oise comporte aussi une série de mesures visant à « créer les conditions d’une insertion professionnelle la plus précoce possible. » Pour ce faire, le député propose de mettre en place un accompagnement global personnalisé d’une durée moyenne d’un an incluant l’accès au logement et à l’emploi mais aussi de bâtir des parcours individualisés de formation professionnelle.
Dans ce domaine, le rapport préconise de créer, pour les personnes éloignées de l’emploi, « une prestation tremplin » destinée à vérifier la maîtrise des pré-requis nécessaires à la réussite de la formation et à élaborer un parcours aboutissant à l’insertion professionnelle.

S’inspirer d’initiatives locales

Aurélien Taché suggère aussi de s’inspirer d’initiatives menées au niveau des territoires ou des branches professionnelles tels que le programme Hope qui s’appuie sur deux expérimentations lancées en 2017 pour permettre à des réfugiés de se former et d’accéder à des métiers en tension.

« Ces expérimentations doivent être confortées et élargies, sur le fondement d’une double contractualisation : une contractualisation entre l’Etat et des branches professionnelles qui rencontrent des difficultés de recrutement sur certains métiers ou dans certaines régions ; une contractualisation entre l’Etat et des primo-arrivants s’engageant volontairement à suivre de façon assidue un parcours complet de formation, qui les amènera vers un emploi et un logement sur le territoire national », indique le député dans son rapport.

Aurélien Taché évoque aussi des mesures spécifiques pour les jeunes de moins de 25 ans et les mineurs non accompagnés. Il suggère par ailleurs d’adapter le socle de compétences et de connaissances CléA ou encore de développer, en lien avec les branches professionnelles, des reconnaissances partielles de qualifications.

Comité interministériel

Le rapport comporte aussi des propositions en matière de simplification des procédures administratives, d’accès au logement et de gouvernance de l’action publique en faveur de l’intégration. L’ensemble des mesures représenterait un coût total de 607 millions d’euros dont 227 millions pour le volet accompagnement, orientation et formation professionnelle.

Lundi 19 février à Lyon, le premier Ministre Edouard Philippe a indiqué que le gouvernement reprendrait les grands axes des propositions. Un comité interministériel à l’intégration sera réuni dans les prochaines semaines pour valider « précisément » les suites qui seront données au rapport. Mais le Premier ministre a précisé qu’il avait d’ores et déjà pris deux engagements : « renforcer l’apprentissage du français » et « lever les freins à l’insertion professionnelle des personnes accueillies. »

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