Les négociations sur la réforme de la formation professionnelle, un enjeu crucial pour le paritarisme (Pierre Ferracci et Raymond Soubie au 70ème anniversaire de l’ANDRH)

À l’occasion de son 70ème anniversaire, l’Association nationale des DRH (ANDRH) avait invité Pierre Ferracci, président du groupe Alpha et Raymond Soubie président du holding Arfilia à débattre des réformes en cours, jeudi 26 octobre. Les deux experts des relations sociales ont souligné l’importance de l’enjeu des négociations sur le point de s’engager sur la formation professionnelle.

Par - Le 27 octobre 2017.

« Le gouvernement a lâché du lest sur la méthode. Mais que se passera t-il si l’accord interprofessionnel ne correspond pas au document d’orientation ? », s’interroge Raymond Soubie.

L’avenir du paritarisme

« On connaît les grands principes de la réforme de la formation professionnelle voulue par le gouvernement. Mais on ne sait pas du tout quels contours elle aura. Or le secteur est très complexe », ajoute l’ancien conseiller social du président de la République Nicolas Sarkozy. La question du succès de la négociation est donc centrale. Et selon Pierre Ferracci, elle mérite d’être posée : « l’État tracera sa route si les partenaires sociaux ne parviennent pas à mener ensemble la réforme. Au risque de casser le paritarisme ». Pour les deux observateurs, le moment est clé alors que la France prépare un nouveau modèle social. « La flexisécurité peut suivre deux logiques, celle des pays scandinaves ou l’approche anglo-saxonne plus libérale. La partie n’est pas encore jouée », souligne Pierre Ferracci.

Le dialogue social au cœur des réformes

Pour les deux observateurs, les réformes en cours ne peuvent réussir sans un renforcement du dialogue social. « Il est essentiel d’associer les représentants des salariés à la gouvernance et à la construction des richesses dans une dynamique de co-détermination et de co-décision. Par ailleurs, il est important de conserver un équilibre avec les branches », analyse Pierre Ferracci. Raymond Soubie s’inquiète de son côté de la faiblesse des syndicats, « les études le montrent, les syndicats souffrent aujourd’hui d’un manque de crédibilité. Or, nous avons besoin de contre-pouvoirs ». Pour les deux débatteurs, les réformes ne peuvent se contenter d’importer un modèle juridique mais exigent une culture du dialogue social adaptée.

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