Skills Map, un outil qui fait le lien entre compétences et formation

Pour accompagner la gestion de carrière de ses salariés, AXA Belgique a choisi de s’appuyer sur Skills Map. Outil d’auto-évaluation des compétences, cette application permet une mise en avant de la formation dans un contexte d’évolution des métiers.

Par - Le 23 septembre 2019.

  • QUOI ?
    Une application permettant aux salariés d’auto-évaluer leurs compétences, déployée chez Axa Belgique.
  • POURQUOI ?
    Inciter, lorsqu’un écart de compétences est constaté sur son poste ou sur un poste visé, à suivre la ou les formation(s) adaptée(s). Par ailleurs, encourager la mobilité interne.
  • COMMENT ?
    Grâce à un recensement
    précis des métiers et des compétences techniques et comportementales qui leur sont rattachées, et leur mise en relation avec le catalogue de formations de l’entreprise.

Évaluer les compétences maîtrisées sur son poste, mesurer les éventuels écarts à combler et se voir proposer des formations en conséquence : c’est l’exercice auquel peuvent se livrer depuis quelques mois les 3 500 salariés d’Axa Belgique. À la mi-janvier, l’assureur a en effet commencé à déployer auprès de l’ensemble de ses effectifs Skills map, une application de cartographie de compétences proposée par la société LHH-Altedia.

“L’outil a été adapté sur mesure à notre entreprise, et rebaptisé Yes Career. Nos plus de 350 métiers y ont été listés, ainsi qu’un catalogue de plus de 70 compétences comportementales, linguistiques ou techniques leur étant rattachées”, décrit Alexandre Roba, responsable marque employeur chez Axa Belgique.

Mutations du marché du travail

Pour ce recensement des métiers et de leurs compétences, préalable nécessaire à l’utilisation de l’outil, on imagine un travail long et fastidieux. “Pas forcément”, rassure Sophie Piot, directrice commerciale grands comptes chez LHH-Altedia : “Voici quelques années, nous organisions des groupes de travail avec nos clients, cela pouvait prendre dix-huit mois et lorsque nous avions terminé de décrire les métiers, parfois ils étaient devenus obsolètes. Aujourd’hui nous nous appuyons sur une base de capitalisation très importante.”

L’attention porte sur les métiers prospectifs, en travaillant sur l’évolution des métiers et des compétences et leurs impacts sur l’emploi, explique-t-elle. S’adapter aux mutations du marché du travail, notamment dans un contexte de digitalisation croissante, est en effet un des principaux arguments d’utilisation de l’application. “Pour nous, faire en sorte que les compétences de nos salariés restent le plus proches possible de l’évolution des métiers est une réflexion constante. C’est pourquoi nous utilisons l’outil et mettons régulièrement son catalogue métiers et de compétences à jour”, confirme Alexandre Roba.

“Radar de compétences”

Comment, concrètement, l’application s’utilise-t-elle ? Chez Axa Belgique, où elle a été intégrée à un écosystème de services digitaux, chaque salarié y a accès sur une base volontaire et confidentielle. “Le salarié peut ensuite décider, s’il le désire, de partager ses données avec son manager et/ou son responsable des ressources humaines. Mais nous voulions ainsi éviter toute barrière à l’utilisation de l’outil et faire en sorte que le salarié puisse s’évaluer de façon complètement neutre”, explique Alexandre Roba.

Via l’application, il est en effet demandé à l’utilisateur de s’autoévaluer. Il doit estimer sur une échelle de 1 à 5 la maîtrise de compétences techniques, comportementales, voire linguistiques, liées au poste occupé.

Suite à cette évaluation, un “radar de compétences” (graphique rappelant une toile d’araignée) est généré. “Il permet au salarié de visualiser son niveau et le niveau attendu par Axa Belgique sur son métier. Si celui-ci remarque un écart de compétences, il pourra aller voir les formations – proposées automatiquement – qui pourront lui permettre de développer ces compétences”, décrit Alexandre Roba.

Afin d’enrichir son profil, le salarié a également la possibilité de s’évaluer sur d’autres items du catalogue de compétences de l’entreprise. “Il pourra s’agir de compétences développées à l’occasion de postes précédents ou dans le cadre d’activités para-professionnelles”, décrit Alexandre Roba. L’intérêt ? Sur la base de l’ensemble de ses compétences répertoriées et de leur niveau, il pourra découvrir la liste des métiers de l’entreprise classés grâce à un indice de proximité. Une manière de stimuler la mobilité interne et de fidéliser les collaborateurs.

Communication

Du côté des services de ressources humaines, Skills map offre également des potentialités : par exemple, élaborer des plans de formation sur la base d’écarts de compétences repérés par service. Chez Axa Belgique, le défi est néanmoins à l’heure actuelle d’inciter les salariés à utiliser l’outil.

“L’utilisation de l’application suppose deux contraintes : avoir une impulsion liée à un projet de transformation et mettre en place une communication”, avertit Sophie Piot. L’assureur l’a bien compris et organise des formations régulières à l’application. Il en fait également la promotion, à l’occasion notamment de journées Talent Days, dédiées à la gestion des carrières.

Mais, prévient Alexandre Roba, “amener le salarié à prendre conscience qu’il doit adapter ses compétences, se former, prend du temps. C’est un changement culturel profond, qui ne dépend pas seulement d’un outil”.

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