Signature de la Charte, le 6 septembre à Lyon, dans le cadre des Journées du numérique.

Le numérique, arme de lutte contre l’illettrisme (Journées nationales d’action contre l’illettrisme)

“Pour que le numérique profite à tous, mobilisons-nous contre l’illettrisme.” Le slogan résume à lui seul la démarche de l’ANLCI qui tenait les 6 et 7 septembre à Lyon ses Journées du numérique, organisées dans le cadre des Journées nationales d’action contre l’illettrisme.

Rédigé par . Publié le 07 septembre 2016. Mis à jour le 12 mars 2019.

“Même si c’est dérangeant, il y a encore des millions d’adultes qui ont été scolarisés en France, qui parlent français, mais qui ne maîtrisent pas la base : lire, écrire, compter.” Pour Marie-Thérèse Geffroy, présidente de l’Agence nationale de lutte contre l’illettrisme (ANLCI), il faut maintenir la pression. Oui, l’illettrisme a reculé de 20 % en huit ans ; certes, le collectif Agir ensemble contre l’illettrisme, fédéré par l’ANLCI, a été déclaré Grande cause nationale en 2013 ; mais, pour autant, avec encore quelque 2,5 millions de Français en situation d’illettrisme, le combat est loin d’être terminé.

Une annonce a été faite en juillet de la création d’une Agence de la langue française. Pour l’heure, “l’équipe de l’ANLCI continue de travailler avec la même énergie”, affirme son directeur, Hervé Fernandez, qui détaille les trois chantiers en cours.

 D’abord, la poursuite de la mobilisation des acteurs induite par le label Grande cause nationale, avec les Journées nationales d’action contre l’illettrisme, dans toute la France du 5 au 10 septembre.

 Ensuite, la promotion de l’échange des bonnes pratiques, avec l’appui du FSE (Fonds social européen). Un programme en quatre étapes a déjà permis d’identifier des solutions mises en œuvre dans les territoires, en vue de la rédaction de guides qui seront largement diffusés dans le cadre d’une rencontre nationale, en 2017.

 Enfin, l’ANLCI réaffirme la volonté de se mobiliser contre l’illettrisme pour que le numérique profite à tous à travers une Charte, déjà signée par près de 70 institutions.

Une Charte pour saisir l’opportunité numérique

Née du comité consultatif de l’ANLCI, cette dernière initiative vise à prévenir le risque d’exclusion généré par la présence massive du numérique, rappelle Hervé Fernandez. De fait, selon les données publiées dans la Charte, l’illettrisme numérique concernerait 15 % de la population, de fait exclue d’un nombre croissant de démarches administratives.

S’il ne s’agit pas de refuser des technologies par ailleurs vouées à s’imposer, il convient pour le moins d’accompagner leur diffusion et de former à leur usage. Pour preuve, la Charte souligne que “95 % des intervenants sociaux affirment que l’accès au numérique se fait très fréquemment par le biais d’un accompagnement de l’usager” et qu’“ils sont 75 % à devoir faire les démarches « à la place de »”.

Paradoxe : la dématérialisation du service public, le plus souvent présentée comme source d’économies et de simplification de l’administration, est aussi à l’origine d’une “explosion” des demandes d’aide aux démarches administratives. Dans un cercle qui n’a rien de vertueux, apparaît alors “un risque de perte d’autonomie, qui peut renforcer l’exclusion”.

Aussi et parce qu’“environ 90 % des contenus du web sont textuels”, l’ANLCI réaffirme en premier principe que “la maîtrise des compétences de base constitue la première marche indispensable qui ouvre l’accès” au numérique. Des “contenus simplifiés” et un “accompagnement adapté” constituent le deuxième principe. Dès lors, et le troisième est là pour le rappeler, les personnes en situation d’illettrisme ne sont pas condamnées à subir le numérique mais devraient au contraire y trouver un “facilitateur des apprentissages, qui créera de la motivation plutôt que de la frustration”.

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