Les priorités de Bertrand Martinot, nouveau DGEFP

Dans un entretien accordé au Centre INFFO, Bertrand Martinot, [[Âgé de 40 ans, Bertrand Martinot est diplômé de l’Institut d’études politiques de Paris, titulaire d’une licence de physique et diplômé de l’Éna. Il a occupé d’avril 2006 à mai 2007 le poste de chef du service des politiques de l’emploi et de la formation professionnelle à la DGEFP.Il était conseiller social du président de la République depuis juin 2007.]] nommé délégué général à l’emploi et à la formation professionnelle le 17 septembre dernier en conseil des ministres, précise ses priorités concernant la formation et les évolutions de la DGEFP.

Par - Le 13 octobre 2008.

Il ne s’agit pas de remettre en cause l’Ani de 2003, mais de traiter les problèmes qui n’ont pas trouvé de réponse satisfaisante, en particulier les inégalités d’accès à la formation et la sécurisation des parcours. Le Dif est une réponse, mais elle n’est pas suffisante.” C’est l’objectif que le nouveau délégué assigne à la réforme de la formation. “Autre impensé de l’Ani 2003, relève-t-il, l’articulation des fonds de la formation professionnelle gérés par les partenaires sociaux, les Conseils régionaux et l’État.
Bertrand Martinot est optimiste sur l’aboutissement de la négociation, car “le terrain a été bien préparé”. Il insiste sur le process adopté : réforme annoncée dès septembre 2007, période de “décantation” avec le bilan de l’Ani et les travaux du groupe multipartite au premier semestre 2008. “Les constats sont partagés : le document d’orientation envoyé en juillet aux partenaires sociaux reprend l’essentiel des huit axes du rapport Ferracci, et indique clairement les souhaits du gouvernement”, assure-t-il. Par ailleurs, les travaux des trois groupes de travail [ 1 ]Les trois groupes de travail multipartites se pencheront sur l’orientation, la VAE et la qualité de l’offre de formation ont débuté. Il pense que la réforme sera bouclée à la fin de l’année, estimant que “les insuffisances du système sont suffisamment patentes pour justifier que le dossier soit traité avec rapidité”.

Autre chantier d’importance, la réforme du service public de l’emploi, “qu’il s’agit d’amener au niveau des meilleurs standards européens”. Pour Bertrand Martinot, “c’est la plus grosse réforme de services publics du quinquennat, avec une ingénierie lourde, des enjeux financiers importants et des conséquences fortes sur le fonctionnement même du marché du travail”. La DGEFP, qui siège au conseil d’administration de la nouvelle institution issue de la fusion ANPE-Assédic jouera pleinement son rôle. Mais, pour le Délégué, la réforme va plus loin et concerne l’ensemble du SPE : “Il faut définir les relations opérationnelles, financières, juridiques et les modalités de contractualisation du nouvel opérateur avec les autres acteurs. En premier lieu avec ses deux financeurs, l’État et l’Unédic. Et aussi avec toutes les parties prenantes des Comités régionaux de l’emploi. Le rôle des uns et des autres doit être précisé, ainsi que le positionnement des préfets de région. Il faut optimiser l’utilisation des deniers publics entre différents acteurs qui n’ont pas tous les mêmes points forts et les mêmes points faibles.” Enfin, dernière priorité du délégué, mais pas des moindres : la mise en œuvre du RSA.

Interrogé sur l’Afpa, le délégué rappelle que celle-ci devra se conformer à l’avis du conseil de la concurrence du 18 juin 2008 qui la positionne sur le marché concurrentiel dès 2009. “Ceci implique des changements au sein de l’Afpa et l’État accompagnera ces changements.”

DGEFP : une politique d’ouverture

Bertrand Martinot veut promouvoir une politique d’ouverture pour la DGEFP dans les instances et institutions liées à la formation et à l’emploi, comme le conseil d’orientation pour l’emploi par exemple, mais il veut aussi “construire des partenariats avec les autres grandes directions de Bercy ou encore favoriser le dialogue avec des universitaires, des praticiens du droit ou des responsables de ressources humaines”.
Il considère que la DGEFP doit être “une boîte à outils”, faire preuve de beaucoup de réactivité et renforcer encore sa capacité d’anticipation afin de représenter une force de propositions auprès des décideurs politiques. “La dégradation de la conjoncture impose une mobilisation des moyens de l’emploi et doit conduire à concevoir éventuellement de nouveaux outils en matière de sécurisation des parcours. Sur ce dernier point, la formation est une partie de la réponse, car même dans ce contexte, des difficultés de recrutement persistent”, analyse-t-il.

La révision générale des politiques publiques (RGPP) prévoit de faire évoluer les DRTEFP en Directions régionales des entreprises, de la consommation, de la concurrence, du travail et de l’emploi (Direccte). Environ 10 000 agents sont concernés dans le champ de l’emploi et du travail. La phase expérimentale de mise en place a débuté sur cinq régions de préfiguration, dont trois DRTEFP (Aquitaine, Franche-Comté, Rhône-Alpes). “L’objectif vise à proposer aux entreprises et aux demandeurs d’emploi, une palette de services mieux intégrée”, rappelle le délégué.

Enfin, Bertrand Martinot se prononce pour une “pleine intégration de la DGEFP au ministère de l’économie, de l’industrie et de l’emploi”, qui doit “devenir effective, y compris dans ses dimensions culturelles”. Il ajoute : “C’est une opportunité pour la DGEFP dont les problématiques sont au cœur des synergies à développer entre l’économique et le social. Par ailleurs, ce rapprochement permettra d’élargir les possibilités de mobilité et les perspectives de carrière des agents.”

Notes   [ + ]

1. Les trois groupes de travail multipartites se pencheront sur l’orientation, la VAE et la qualité de l’offre de formation

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