La SNCF puise dans l’automobile sinistrée des compétences transférables

Par - Le 11 mai 2009.

300 candidats présélectionnés par Pôle emploi, CV en poche, avaient rendez-vous jeudi 7 mai avec les équipes de recrutement de la SNCF à la Maison de la chimie à Paris. Issus du secteur sinistré de l’automobile, ils tentaient leur chance pour décrocher un des 100 postes à pourvoir dans le dépannage et la maintenance des trains ou des 60 emplois proposés dans la conduite de trains franciliens ou TER de la SNCF.

« Nous nous étions engagés vis-à-vis de François Fillon d’intégrer une vraie priorité à des salariés qui ont perdu leur emploi dans l’automobile. Car leur savoir-faire et leur expérience sont transférables sur certains métiers », a déclaré Guillaume Pépy, le PDG du transporteur ferroviaire. « Dans ces métiers-là, nous avons beaucoup de mal à recruter, car il y a des horaires décalés et les conditions de travail sont difficiles avec des positions complexes, quand il faut intervenir sous un train », a-t-il illustré. Déjà recruteur de salariés en provenance des grandes entreprises (Renault, Peugeot, Faurecia), cette opération visait les PME.

Ses équipes ont pioché dans les 1000 profils proposés par Pôle emploi les 300 candidats qui ont bénéficié d’un entretien d’une demi-heure avec les recruteurs de la SNCF.

« Nous sommes dans notre cœur de métier : suite à un licenciement ou une fin de mission, nous devons repérer ceux qui ont des compétences transférables », a indiqué Christian Charpy, directeur général de Pôle emploi. « Pour ceux qui ne seraient pas sélectionnés tout de suite [ 1 ]Car manquant des compétences requises, NDLR., nous devons mettre en place des mesures de formation. »

Guillaume Pépy a estimé à 60 % le potentiel des recrutements qui devraient résulter de l’opération. Il a confirmé que les embauches ne différaient en rien des embauches habituelles. Tous les recrutés passeront par la case formation : de dix à douze mois pour les conducteurs, de trois semaines à trois mois pour les autres postes, en fonction de leur expérience. Le PDG a expliqué que pour être affecté au renouvellement des trains (réfection des sièges), cela demande moins de formation que pour maîtriser la climatisation ou la chaîne de traction.

Laurent Wauquiez, secrétaire d’État chargé de l’Emploi, s’est lui aussi félicité de l’initiative. « Pour ceux qui perdent leur job, il faut leur permettre de mettre leurs compétences au service d’autres entreprises comme la SNCF. Il y a d’un côté les gens qui ont de vraies compétences et la SNCF qui a des besoins, de 1000 à 1500 postes. Donc, il faut faire des ponts ». Il a rappelé que des formations seraient financées pour ceux qui ne seraient pas embauchés tout de suite.

« Nous avons fait beaucoup d’interventions sur le thème de la formation, comme aujourd’hui même à Renault, où la formation évite des licenciements [ 2 ]Le secrétaire d’État à l’Emploi a signé jeudi une “convention d’activité partielle” avec le constructeur qui prévoit une aide financière pour que les salariés en chômage partiel soient rémunérés à 100% de leur salaire net., ou comme ici pour permettre aux gens de rebondir. Une politique de l’emploi moderne qui correspond au marché du travail se construit sur la formation », a-t-il conclu.

Notes   [ + ]

1. Car manquant des compétences requises, NDLR.
2. Le secrétaire d’État à l’Emploi a signé jeudi une “convention d’activité partielle” avec le constructeur qui prévoit une aide financière pour que les salariés en chômage partiel soient rémunérés à 100% de leur salaire net.

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