Préqualifier des jeunes en vue d’un apprentissage : l’expérimentation réussie de l’UIMM d’Alsace

Par - Le 06 juillet 2010.

L’idée provient d’un intérêt commun. D’un côté, une branche qui a des difficultés à recruter, de l’autre des jeunes sortis du système scolaire qui ne connaissent pas tous les métiers existants.

Partant de ce constat, l’UIMM Alsace (L’Union des industries et des métiers de la métallurgie) et le Conseil régional décident, en 2009, de développer des actions permettant à ces jeunes d’accéder progressivement à des emplois qualifiés, via l’apprentissage. « Car dans notre bassin d’emploi, nous avons des besoins qui ne sont pas pourvus, notamment dans la chaudronnerie, la soudure, et l’usinage » explique Guy Borg, délégué général de l’UIMM Bas-Rhin, à Centre Inffo.
C’est ainsi que 28 jeunes alsaciens, venant du Bas-Rhin et du Haut-Rhin, ont été « recrutés » pour suivre une préqualification dans l’industrie afin de pouvoir débuter un apprentissage.

Pour se faire, l’UIMM Alsace a travaillé avec le GEIQ Indus (groupement d’employeurs pour l’insertion et la qualification) et les Missions locales d’Alsace « afin de transmettre l’information et recruter les jeunes » poursuit Guy Borg. Les 28 jeunes ont commencé leur formation technique individualisée (maths, physique et techniques industrielles) dans les centre Afpa de Strasbourg et Mulhouse en mars 2010 et ont eu deux stages de quinze jours au sein d’une des dix-neuf entreprises partenaires1. «L’accompagnement a été très poussé, toutes les semaines nous faisions un point avec les jeunes et les formateurs de l’Afpa » précise Guy Borg.

Parmi eux, 21 ont terminé la formation, et 15 ont été admis au Centre de formation d’apprentis de l’industrie et ont donc reçu, et le 23 juin dernier, leur visa de professionnalisation. « Mais attention, ils n’ont pas été favorisés, précise Guy Borg, ils sont tout simplement été intégrés dans la procédure habituelle de recrutement des apprentis ». Une aide supplémentaire leur est apportée si nécessaire, comme c’est le cas pour deux jeunes qui ont des difficultés en français. L’UIMM a en effet monté un partenariat avec les Missions locales pour mettre en place des ateliers pédagogiques personnalisés.

Sur les six jeunes restants, deux sont en CDD, et quatre vont être accompagnés dans leur recherche d’emploi. « Des signes de reprise se font sentir, des entreprises devraient recruter en juillet et en août » affirme Guy Borg. Ils pourront ensuite obtenir un CQPM (certificat de qualification paritaire de la métallurgie).

Le bilan de l’expérience est positif : « Nous sommes satisfaits, car 75% de jeunes qui arrivent au bout, pour ce public et pour ce secteur, c’est exceptionnel » estime Guy Borg, également ravi que « tous les jeunes aient pu décrocher un stage ». L’ UIMM espère ainsi renouveler l’expérience dès l’année prochaine, même si le délégué général de l’UIMM Bas-Rhin concède quelques points à améliorer, notamment « l’anticipation des recrutements afin de mieux cerner les jeunes », mais aussi faire en sorte que « la rémunération des jeunes soit plus rapide, car l’un d’entre eux a dû stopper la formation en raison de problème financier ». Il regrette également « l’absence de public féminin » et reconnaît que le dispositif « revient très cher, puisque le coût pour un jeune s’élève à 10 000 euros, soit 210 000 euros au total». La Région a subventionné plus de 50%, la Fondation UIMM « Agir pour l’industrie » a financé l’ingénierie. Les maisons de l’emploi de la formation de Strasbourg et Mulhouse ont quant à elles soutenu les entreprises dans le tutorat des jeunes. Leur visa de professionnalisation en poche, les jeunes ont démarché des entreprises et se préparent pour la rentrée…

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