Forum Prisme 2011 : qu’attendent les entreprises des agences d’emploi ?

Par - Le 25 novembre 2011.

Dans le cadre du Forum Prisme 2011 qui s’est déroulé à Paris le 23 novembre, deux entreprises situées à Vitré en Ille-et-Vilaine (voir encadré), et qui ont sans cesse besoin de recruter, ont été invitées à partager leur expérience de collaboration avec les agences d’emploi.

Pour Josianne Bastien, directrice des ressources humaines France de Webhelp Group, une plateforme téléphonique, « les agences d’emploi sont des partenaires au même titre que Pôle Emploi et les Maisons de l’Emploi ». Webhelp a en effet embauché huit cent personnes sur Vitré, le plus des agences d’emploi est notamment le fait qu’elles « peuvent nous accompagner dans un développement rapide ». Si Pôle Emploi permet à cette directrice RH de faire aussi de l’insertion en embauchant des profils éloignés de l’emploi, des personnes handicapées, des jeunes issus de quartiers difficiles qui bénéficient d’une formation avant de commencer leur nouveau travail, Josiane Bastien a constaté que « les agences d’emploi s’inscrivent elles aussi dans des démarches de formation, elles ont compris la nécessité de bien former les gens avant la prise de poste ».

Régine Jamin, responsable des ressources humaines d’Allflex Europe, qui créé les boucles d’identification pour les animaux, considère les personnes des agences d’emploi avec qui elle collabore « comme des collègues ». Tous les trois mois, elle les rencontre pour leur faire part de ses prévisions. Si elle créé en amont ses fiches de postes de techniciens de production, elle les redéfinie ensuite avec l’agence d’emploi. Pour elle, une bonne agence c’est « celles qui nous connaissent bien, qui viennent chez nous, qui connaissent nos postes de travail »

Mais impossible pour ces deux responsables RH de faire appel à une seule agence. Alors elles mixent les grands noms avec des agences « plus ancrées au niveau local, qui peuvent nous apporter le bon profil immédiatement » poursuit Josiane Bastien.

Pour Laurent Davezies, professeur au Cnam et à Sciences-Po Paris, et titulaire de la Chaire « Economie et développement des territoires », ces situations sont exceptionnelles, car le travail temporaire est davantage une variable d’ajustement. De plus, le travail temporaire concerne essentiellement les emplois d’ouvriers de services, dont, selon la définition de l’Insee, les techniciens de production ou les personnes qui travaillent dans des centrales d’appels font partie, et qu’il faudrait « ouvrir l’intérim à d’autres statuts ».

[(Vitré, un ovni économique en France

L’agglomération de communes de Vitré, est un cas très particulier en France. Alors qu’avec la crise toutes les Régions s’effondraient, à Vitré, l’emploi, en grande majorité ouvrier, a continué de progresser. Le taux de chômage est de 5,1 %. Le solde migratoire de cette agglomération est positif, et la population est relativement jeune. Pour le maire de la ville, Pierre Méhaignerie, pour que le climat soit favorable à l’économie, plusieurs critères sont essentiels : l’éthique du travail, les infrastructures de communication, la modération fiscale, les logements abordables, des services pour les familles, et une maîtrise du coût de la vie. Mais pour Pierre Méhaignerie, le succès est d’anticiper.

Laurent Davezies, qui a réalisé une étude sur l’impact de de la crise sur les territoires (consultable ici), insiste sur le cas exceptionnel de Vitré, dont les actifs arrivant viennent essentiellement de Bretagne. Le chercheur a constaté que les migrations professionnelles se font souvent d’une région sinistrée à une autre, ou d’une région économiquement positive à une autre, ce qui révèle « un gros problème de mobilité, notamment dû aux problèmes des logements et des loyers ». Ce dernier conseille ainsi aux agences pour l’emploi de « discuter entre elles pour améliorer ces problèmes de mobilité, qui se poseront à un moment ou à un autre »)].

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