L’Opco de la propreté, du travail temporaire et de la sécurité défend sa cohérence

Par - Le 22 janvier 2019.

Lundi 21 janvier dans les locaux parisiens du Faf-TT, les partenaires sociaux des branches de la propreté, du travail temporaire et de la prévention-sécurité ont réaffirmé leur attachement à l’accord constitutif de l’Opco des professionnels, salariés et employeurs des services opérationnels aux entreprises et de l’emploi qu’ils avaient approuvé en décembre 2018.

Les organisateurs de cette conférence de presse ont estimé que leur Opco, copie conforme du périmètre 11 du rapport Marx-Bagorski, était menacé par l’ambition de Wellcom, Opco interprofessionnel de services aux entreprises porté par le Medef.

Ils n’étaient pas moins de dix représentants des partenaires sociaux, ce lundi 21 janvier, réunis dans les locaux parisiens du Faf-TT pour témoigner de leur conviction commune : l’opérateur de compétences des professionnels, salariés et employeurs des services opérationnels aux entreprises et de l’emploi, tel que défini par l’accord constitutif signé en décembre 2018, doit être approuvé par l’État. Face à lui, l’Opco Wellcom, porté par le Medef dans une logique interprofessionnelle « Services aux entreprises » [ 1 ]Outre les branches du travail intérimaire, de la propreté et de la sécurité, Wellcom inclurait notamment l’énergie, l’hôtellerie-restauration et le commerce de gros., aurait pour projet d’en absorber les branches constitutives. Et pour les partenaires sociaux signataires de l’accord de décembre, il n’en est pas question.

Des branches cohérentes

« Aujourd’hui, nous appelons l’État à reconnaître la légitimité et la pertinence de notre accord constitutif, bâti sur le périmètre de l’Opco 11 du rapport Marx-Bagorski : travail temporaire, propreté et sécurité », plaide Alain Huninick (CFE-CGC), président du Faft-TT. Qu’il s’agisse d’évoquer la « singularité » de branches qui ont en commun de s’adresser majoritairement à des publics faiblement qualifiés (Patrick Tuphé, Prism’Emploi), ou de revendiquer une « expérience formation » adaptée à leurs services et secteurs d’activité (Philippe Jouanny, FEP [ 2 ]Outre les branches du travail intérimaire, de la propreté et de la sécurité, Wellcom inclurait notamment l’énergie, l’hôtellerie-restauration et le commerce de gros.), tous soulignent la « cohérence » qui relie leurs secteurs. Ainsi de Cédric Paulin (Snes [ 3 ]Syndicat national des entreprises de sécurité privée.), qui rappelle que nombre d’entreprises de sécurité ont également des activités de propreté et connaissent l’intérim pour y avoir recours.

Opco de la précarité

En écho au courrier adressé le 17 janvier à la ministre du Travail par Catherine Perret, secrétaire confédérale de la CGT, Jamil Ait-Idir (CGT Ports & Docks propreté) place lui au centre de cette cohérence la question des métiers. La CGT insiste, l’Opco 11 répond aux attentes du nouvel article R. 6332-4 du code du Travail, à savoir que l’agrément est accordé aux opérateurs de compétences qui « interviennent dans un champ caractérisé par des métiers, des emplois et des compétences proches, ou par l’existence de secteurs d’activité complémentaires, ou bien encore par un niveau général de qualification des salariés ou par des perspectives communes d’évolution des métiers ou des branches concernées ». Évoquant un « Opco de la précarité, du temps partiel et des bas salaires », Jamil Ait-Idir se dit convaincu de la capacité de l’Opco 11 à répondre aux enjeux de formation des trois branches. « Ce sera un opérateur de compétences en capacité de répondre aux intérêts individuels et collectifs des salariés en termes de formation qualifiante », ajoute André Fadda (CGT Intérim), qui ne voit dans le projet Wellcom rien d’autre qu’un « trou noir visant à aspirer les fonds de la formation professionnelle ». Fruit d’un « dialogue social constructif » selon Véronique Revillod (CFDT Services), l’Opco 11 présente des atouts en termes « d’expérience et d’opérationnalité ». À l’instar de Sandrine Verdier (Unsa), tous insistent à cet égard sur les conséquences en termes d’emplois et de compétences que représenterait la disparition du Faf-TT et de ses trois cents salariés. « Pour former, on a besoin d’experts de l’emploi au plus près des réalités territoriales », renchérit Ousmane Cissoko (Unsa Intérim).

Sans réelle discussion à ce jour entre les organisations constitutives de l’Opco 11 et le Medef ou le ministère du Travail, la sortie de crise n’est pas évidente. Patrick Tuphé aurait bien une solution : « si vous voulez porter un projet Wellcom, faites un douzième Opco… »

Notes   [ + ]

1, 2. Outre les branches du travail intérimaire, de la propreté et de la sécurité, Wellcom inclurait notamment l’énergie, l’hôtellerie-restauration et le commerce de gros.
3. Syndicat national des entreprises de sécurité privée.

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