Michèle
Debonneuil
Par Centre Inffo - Le 29 avril 2008.
Christine Lagarde, ministre de l'Économie, de l'Industrie et de l'Emploi, vient de confier à Michèle Debonneuil (59 ans) le soin d'évaluer à mi-parcours le plan de développement des services à la personne (2005-2009) et “de réfléchir aux moyens d'accélérer l'essor de ce secteur". Elle a donc été chargée de “procéder à un bilan physique et financier, notamment en ce qui concerne l'impact des aides mobilisées pour l'emploi".
Cette inspectrice générale des finances doit analyser les principales opportunités, notamment du côté des personnes âgées et de l'aide aux mères exerçant une activité professionnelle – la grande majorité. Elle est aussi chargée d'“examiner les améliorations, tant du point de vue des infrastructures et systèmes d'information que de la formation initiale et continue".
Cette administratrice de l'Insee, qui a débuté en 1974 comme chef de la Division conjoncture générale, soulève à cet égard de nombreuses questions : “Il faut créer de nouvelles formations qui permettent de passer d'une activité à domicile à l'autre. Jusqu'à présent, nous avions des métiers du sanitaire et social extrêmement cloisonnés ; maintenant, il faut créer des passerelles pour donner envie aux jeunes de s'engager dans ce type de métier", déclare-t-elle.
Cette ancienne conseillère économique du directeur du Trésor (1987-1989) et directrice du service des études économiques et financières à la banque Indosuez se préoccupe aussi de “la structuration technologique et économique" d'un secteur d'activité très disparate. “Il n'est pas facile d'avoir une approche automatisée des services à la personne, et c'est pourtant ce à quoi il va falloir parvenir. La mise en relation téléphonique et les systèmes de paiement de type Cesu génèrent des coûts trop importants. Or, ces coûts devraient être réduits au maximum", relève-t-elle.
Dans le cadre de sa mission, Michèle Debonneuil, par ailleurs professeur à HEC, membre du Conseil de l'emploi, des revenus et de la cohésion sociale (Cerc) et de l'Institut international de la statistique, doit remettre son rapport définitif en juin prochain. “Il y a beaucoup à faire, solvabiliser la demande, activer les dépenses passives du chômage et former les personnes, le tout quasi simultanément", observe-t-elle. On le voit, malgré un très fort potentiel de la demande, le développement du secteur des services à la personne s'avère d'une grande complexité tant du côté des consommateurs, des salariés à la recherche d'emplois sécurisés que de l'État, ce type de service étant par nature... interministériel.
Renée David-Aeschlimann


