Michel Guisembert : La transmission en pleine lumière

La France n’a accueilli qu’une seule fois les finales internationales des Olympiades des métiers, appelées WorldSkills Competition. C’était à Lyon, en 1995. La ville est à nouveau candidate, pour l’édition 2023. Michel Guisembert, président de WorldSkills France, défend actuellement ce dossier. Alors que l’équipe de France des métiers se prépare pour la compétition internationale WorldSkills 2019, qui se déroulera à Kazan, en Russie, du 22 au 27 août 2019. L’occasion de mettre les métiers en pleine lumière.

Par - Le 30 avril 2019.

Michel Guisembert – Wordskills 2017 – Finales nationales Bordeaux

Michel Guisembert est presque une vieille connaissance. Nous l’avions rencontré pour la première fois dans la ville saxonne de Leipzig, où se déroulaient, du 2 au 7 juillet 2013, la 42e édition de la WorldSkills Competition. Il venait alors de prendre la présidence du Comité français des Olympiades des métiers – on parlait encore de Cofom, maintenant c’est plutôt WorldSkills France. Six ans après, il est toujours aussi direct, disponible et volontaire. Toujours passionné. Et heureusement, car son agenda des six prochains mois est bien rempli.

Les Olympiades des métiers ? Tous les deux ans, près de 1 200 jeunes âgés de moins de 23 ans et originaires de tous les continents se mesurent dans une cinquantaine de métiers, du bâtiment aux services en passant par la restauration ou les technologies. L’équipe de France qui concourra aux prochaines finales internationales, à Kazan, en Russie, en août prochain, vient d’être constituée. Elle compte 41 jeunes. Début mars, elle était mise à l’honneur au salon Global Industrie, à Lyon. Michel Guisembert était aux côtés de Philippe Darmayan, président de l’UIMM, pour qui ces jeunes sont “l’avenir de l’industrie, de la formation professionnelle et nos meilleurs ambassadeurs pour représenter leur métier et notre pays”.

Lyon 2023

Pendant que cette équipe se prépare et s’entraîne, Michel Guisembert et ses collaborateurs de WorldSkills France préparent également la candidature de la ville de Lyon pour l’organisation de la compétition internationale en 2023. Le président de la République a réitéré son soutien à ce projet lors du dépôt de la candidature française auprès de WorldSkills International (WSI) par une lettre personnellement adressée au président de WSI, Simon Bartley. Les 4 et 5 février derniers, WSI a effectué une série de réunions techniques et de visites de sites à Lyon. Ses représentants ont pu s’entretenir avec les acteurs politiques, économiques, académiques et culturels du Grand Lyon. Les prochaines étapes : après la présentation du logo de ville candidate, ce début avril, le dossier formel de candidature sera livré début juin, avant la présentation finale et le vote, le 21 août 2019. Sera déterminée la ville hôte de 2023, après Kazan 2019 et Shanghai 2021.

En situation de travail

Michel Guisembert et les Olympiades des métiers, c’est une vieille histoire. Il avait 17 ans quand il a appris l’existence de cette compétition. Mais il n’a pas eu l’opportunité d’y participer. “Vous savez, la fenêtre de tir est très brève, il faut être âgé de moins de 23 ans. Si vous n’êtes pas là ou que vous n’avez pas l’audace de monter dans le train, vous ne le reverrez plus jamais.”
Michel Guisembert a effectué l’essentiel de son parcours sous le signe de l’apprentissage et de la transmission. Titulaire d’un CAP de mécanique générale, il a rejoint les Compagnons du Devoir et du Tour de France, puis passé un second CAP de fraiseur. Il a fait un Tour de France de cinq ans, qui lui a permis non seulement d’apprendre un métier, mais d’apprendre “par le métier”. À se passionner pour les mathématiques, pour la physique, pour les sciences humaines pour la gestion d’entreprise, “enfin, tout ce qui est intéressant !” Il a pratiqué son métier, tourneur, puis fraiseur, puis ensuite chef d’atelier, de bureau d’études, et enfin dirigeant d’entreprise.
Puis, entre 2003 et 2013, il est devenu le premier conseiller – le président – de l’Association ouvrière des Compagnons du Devoir et du Tour de France. Avec la conviction que nous avons tous besoin de “mettre en évidence des œuvres, des personnes qui réalisent des œuvres”.

Mettre des images sur des idées

À présent, cette volonté d’accueillir la compétition en 2023 en France s’inscrit dans le prolongement de la réforme de la formation professionnelle et de l’apprentissage : “C’est l’occasion de mettre des images sur des idées. Nous avons un sujet qui est fédérateur et qui permet de mettre en lumière des personnes qui pratiquent un métier, des métiers d’aujourd’hui et de demain. Pour que d’autres jeunes, et des adultes aussi, se sentent concernés.”
Et Michel Guisembert ajoute : “Vous savez, j’ai la grande chance de pourvoir côtoyer l’ensemble des organisations économiques, sociales, professionnelles, et je me rends compte que toutes, ou quasiment, prennent des initiatives tout à fait intéressantes pour la jeunesse et pour les métiers. Mais il n’y a pas suffisamment de transversalité dans l’ensemble de ces actions.” Ce qui l’intéresse dans la candidature 2023, c’est finalement que tous “s’habituent à imaginer ensemble, pour ensuite progresser, continuer. C’est vraiment ce qui me passionne. Ce qui m’anime.”


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Article paru dans Inffo Formation n°964

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