EdTech : la France accélère (Cap Digital)

Par - Le 09 juillet 2018.

Cap Digital, le pôle de compétitivité francilien pour la transformation numérique, a publié sa cartographie des tendances 2018-2019. Éducation, formation et ressources humaines font l’objet d’un chapitre. Les entreprises françaises partent de loin mais affichent un dynamisme inédit.

Le marché de la EdTech, qui regroupe les entreprises numériques du secteur de l’éducation et de la formation, connaît un boom au niveau mondial, souligne Cap Digital. Et si ce sont pour l’instant les États-Unis et la Chine, suivis de la Grande-Bretagne et d’Israël, qui profitent des levées de fonds faramineuses, « la France connaît depuis deux ans une vraie accélération ».

Un marché qui se structure

Plusieurs raisons à cela. À commencer par la structuration du marché, soutenue par la création en 2016 du premier Observatoire de la filière des EdTech. Cet outil, porté par Cap Digital avec le concours de la Caisse des dépôts et de la Maif, référence aujourd’hui quelque 361 organisations[322 lors de la rédaction du rapport.[/footnote]. Cet effort d’organisation en filière, soutenu par le développement d’incubateurs et accélérateurs dédiés ([Ed21, Schoolab, Learnspace, …), se traduit déjà en termes financiers : levée de fonds de 14 millions d’euros pour Digischool, 21 pour Skillandyou, 10 pour Coorpacademy et, le 16 mai dernier, près de 50 millions d’euros pour OpenClassrooms. C’est aussi du côté des pouvoirs publics que s’affiche la volonté de développer la EdTech française, au niveau national (Programme d’investissement d’avenir), et régional (Trophées franciliens de l’innovation abondés à hauteur de 400 000 euros en 2017 et 1 000 000 d’euros en 2018).

Évoquant par ailleurs la « vitalité retrouvée » des entreprises françaises, Cap Digital en veut pour preuve leur capacité à se projeter à l’international, démontrée par une troisième place au Bett Show 2018, le plus grand salon international de l’éducation.

La formation en mode +

Qu’apporte la EdTech à la formation ? « La promesse d’éduquer et former plus de monde, partout et tout au long de la vie, plus efficacement et plus vite. » Si les modalités d’accès à la formation changent, les modalités pédagogiques ne sont pas en reste. Cap Digital souligne le « poids de l’expérience comme source d’apprentissage et de développement », ainsi que la montée en puissance de « l’apprentissage par le faire ». Le passage à la « société de compétences » implique d’« être capable d’apprendre à apprendre, en continu ». Selon une étude du constructeur informatique Dell et de l’Institut pour le Futur, ce sont 85 % des métiers qui seront exercés en 2030 qui n’existent pas encore. De telles projections amènent les organismes de formation à revoir leur mode de fonctionnement. C’est par exemple le cas de L’École W, école des contenus et de la création numérique créée en 2016 par le Centre de formation des journalistes (CFJ), qui s’appuie sur une pédagogie « 100 % projets ». C.Q.F.D. : le périmètre de l’action de formation est bousculé, les finalités de l’apprentissage sont élargies.

Un modèle à part ?

Pourquoi s’intéresser spécifiquement aux entreprises françaises et, plus largement, européennes ? Parce que dans un « monde en tensions » qui voit, d’un côté, les Gafa [Google, Apple, Facebook, Amazon.[/footnote] « [inquiéter] quant à l’évolution de la démocratie, du travail, du lien social », de l’autre les BATX [ 1 ]Baidu, Alibaba, Tencent et Xiaomi, les géants chinois de l’économie numérique. inscrits dans une économie qui laisse peu de place aux libertés individuelles, le modèle européen aurait une « troisième voie » à offrir, estime Cap Digital. En France, c’est par exemple l’attention renouvelée portée à la régulation de l’usage des données personnelles avec l’entrée en vigueur le 25 mai dernier de la RGPD [ 2 ]Règlement général de protection des données.. L’impact sur les organismes de formation ? Le 3 juillet dernier, Centre Inffo organisait une [Matinée d’actualité à Paris sur cette thématique.

Notes   [ + ]

1. Baidu, Alibaba, Tencent et Xiaomi, les géants chinois de l’économie numérique.
2. Règlement général de protection des données.

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