Muriel Pénicaud défend « l’absolue nécessité de mettre l’accent sur les compétences » dans les réformes engagées (Rendez-vous de Grenelle)

Par - Le 13 décembre 2017.

Lors de la deuxième édition des rendez-vous de Grenelle au ministère du Travail mardi 12 décembre, la ministre Muriel Pénicaud, commentant l’évolution de la situation du marché du travail au troisième trimestre 2017 a défendu « l’absolue nécessité de mettre l’accent sur les compétences » dans le cadre de réformes structurelles.

La ministre du Travail, Muriel Pénicaud s’est félicitée d’une « dynamique du marché du travail bien orientée » avec 50 000 postes créés au 3ème trimestre. Néanmoins, elle estime qu’il faut rester vigilant, le chômage ayant connu une légère hausse – de 0,1 point – au cours de cette même période. Parmi les causes de cette évolution, on trouve selon Selma Mahfouz, directrice de la Dares, « un moindre soutien des politiques de l’emploi et notamment la fin de la prime à l’embauche fin juin ». Muriel Pénicaud souhaite se démarquer des politiques de l’emploi court-termistes. Jusqu’à présent, « elles ont été trop orientées vers le traitement statistique du chômage, nous souhaitons réaliser des réformes structurelles », a-t-elle estimé

Plusieurs défis

Elle identifie plusieurs défis : celui des compétences qui exige une action d’autant plus vigoureuse que les métiers vont se transformer en profondeur dans les dix ans, celui des jeunes sortant de l’école sans diplôme ou qualification et enfin celui des demandeurs d’emploi de plus de un an dont les compétences s’amenuisent nécessairement.

Pour y répondre, elle mise sur des réformes de fond. « La réforme de l’apprentissage est loin d’être une « réformette ». Sinon, elle ne donnerait pas lieu à tant de débats », observe-t-elle. Elle estime « qu’en y mettant beaucoup d’énergie, il aurait été possible d’augmenter le nombre d’apprentis de 3 % ou 4 % ». Mais l’objectif est bien plus ambitieux et la marge de manœuvre bien plus grande puisque dans d’autres pays européens le pourcentage d’apprentis atteint 20 %. Elle ne compte pas sur un effet immédiat de cette réforme. « Les effets ne seront visibles que dans deux voire trois ans ».

Un pari sur le moyen terme

Avec le plan d’investissement compétences (Pic), qui a pour objectif de former les jeunes peu ou pas qualifiés et les demandeurs d’emploi, elle parie également sur le moyen terme se donnant une « visibilité à 4 ou 5 ans ». Néanmoins, pour les plus vulnérables, une politique d’insertion devrait être mise en place dès l’an prochain avec à la clé un accompagnement solide, des formations et des expériences en milieu professionnel. « Nous irons vers une refonte des emplois aidés qui profitera à 200 000 bénéficiaires », a-t-elle annoncé.

Muriel Pénicaud tire les leçons du plan 500 000 [Le plan 500 000 formations supplémentaires lancé par François Hollande le 18 janvier 2016 (voir notre [article) visait la formation en urgence de personnes très éloignées de l’emploi[/footnote]. S’il a permis, en 2016, à 500 000 personnes supplémentaires de bénéficier d’actions de formation, il n’a pas eu les résultats escomptés en matière de retour à l’emploi. « Il est de notre responsabilité de ne pas procéder par à-coups. Il faut privilégier l’innovation et la qualité et se préparer suffisamment », affirme-t-elle. L’objectif est que la croissance profite à tous, estimant que le faible taux de retour à l’emploi malgré les dispositifs mis en place « n’est pas une fatalité ».

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