La réforme de l’apprentissage ouvre des perspectives aux organismes de formation (Synofdes)

Le Syndicat national des organismes de formation de l’économie sociale (Synofdes) fait le point sur la mise en œuvre de la réforme de la formation professionnelle. Michel Clézio, son président, s’interroge notamment sur celle du système de certification qualité. Ses adhérents se montrent intéressés par la réforme de l’apprentissage.

Par - Le 20 mars 2019.

Le Quotidien de la formation : Comment abordez-vous le futur système de certification de la qualité ?

Michel Clézio : Dans l’ensemble, nos positions ont été prises en compte dans les groupes de travail consacrés au référentiel. Nous avons cependant des interrogations quant à la mise en œuvre du nouveau système. Les organismes de formation auront 15 à 18 mois pour se mettre en conformité ce qui risque de poser des questions sur le plan pratique. Les organismes certificateurs seront-ils en mesure de certifier des dizaines de milliers de prestataires pendant ce laps de temps ? Peut-être faudra-t-il prévoir des mesures transitoires pour ceux qui disposent déjà de certifications ou de labels reconnus. La question du contrôle de la qualité des intermédiaires de type plateformes qui mettent en relation des  prestataires de formation avec des formateurs indépendants nous semble encore floue notamment en ce qui concerne les procédures qu’ils doivent engager avec leurs sous-traitants lorsque ceux-ci sont des milliers. Dès que les textes réglementaires seront publiés nous organiserons des sessions d’information spécifiques pour nos adhérents dans la continuité du tour de France que nous avons entamé pour les sensibiliser aux dispositions de la réforme.

QDF : Quels sont les sujets qui reviennent dans le cadre de ce tour de France ?

M.C : Nos adhérents se montrent intéressés par la réforme de l’apprentissage. Elle leur offre en effet la possibilité d’élargir leur offre en devenant centre de formation d’apprentis ou en accompagnant les entreprises dans leur projet de création de CFA. La désintermédiation du compte personnel de formation (CPF) est un sujet qui revient souvent dans les échanges. Cette mesure va amener les organismes de formation qui avaient l’habitude de répondre à des demandes de financeurs à changer de posture : communiquer directement auprès des bénéficiaires, adopter une culture de l’accueil et de l’évaluation différente. Tout cela va dans le bon sens mais peut nécessiter, pour certains, des changements culturels en interne.

QDF : Quel sera l’opérateur de compétences de la branche des organismes de formation ?

M.C : Nous avons tenté de trouver un accord pour la désignation d’un opérateur de compétences. Mais il n’y a pas eu consensus au sein de la branche professionnelle. Au niveau du Synofdes, nous avons décidé de revenir au choix initial de notre gouvernance : à savoir l’opérateur de compétences de la cohésion sociale auquel adhèrent les acteurs des services de l’emploi et de l’insertion. Cette option nous semble cohérente car elle offre des possibilités de travail transversal en termes d’évolution des compétences des salariés de nos organisations. À défaut d’accord au sein de la branche c’est le gouvernement qui tranchera. Mais à l’heure qu’il est nous ne savons pas sur quels éléments s’appuiera sa décision. Si toutefois un autre opérateur de compétences nous était affecté, nous y adhèrerons avec la volonté de travailler de manière constructive à la gestion et au développement des compétences des salariés.

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